Michel Kafando au chevet de la SN-SOSUCO PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sidwaya   
Mardi, 24 Février 2015 08:00

Le président du Faso, Michel Kafando a visité, le 20 février 2015,  la SN-SOSUCO et la Minoterie du Faso. Accompagné des membres du gouvernement, il est allé s’imprégner des difficultés vécues par ces usines de la région des Cascades. La SN-SOSUCO vit un marasme économique sans précédent. C’est ce qu’a pu constater le président Kafando et son équipe, le vendredi 20 février 2015.  Ils ont été accueillis sur les coups de 10 heures par le directeur général de l’entreprise, Mouctar Koné et son staff dans l’enceinte de l’usine, située à 15 kilomètres de Banfora.

Les deux parties se sont aussitôt s’engouffrées dans une salle pour les échanges qui ont duré plus d’une heure. Dehors, les moteurs de l’usine tournent à fond. Tenus  à distance, quelques travailleurs, le visage ferme, tenaillés par le désarroi, observent le ballet de véhicules des officiels. Dans la salle, à l’aide de diapositive, la direction se prête à une présentation des objectifs et du potentiel de l’entreprise. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la SN-SOSUCO se porte mal. A la date de la visite, 22 000 tonnes de sucre granulé et en morceau étaient encore sous les bras de l’entreprise.  En termes chiffrés, a confié Mouctar Koné, cela fait 12 milliards de F CFA. Comment est-on arrivé-là ? Sur ce point, le DG pointe du doigt les circuits illégaux d’importation qui inondent  le marché national en sucre. Pour lui, la société a atteint la côte d’alerte  de cessation d’activité et attend la réaction ferme du gouvernement. De la salle, le président du Faso et les membres du gouvernement ont pu découvrir la réalité de la mévente. Après un tour à la section de broyage de canne à sucre et d’extraction du jus, ils sont accueillis à l’unité de conditionnement du sucre en carreaux et  d’emballage logée dans un vaste entrepôt. Dès l’entrée du local, le visiteur est frappé par des tonnes de cartons et de sacs de sucre s’étendant à perte de vue. Ce n’est que la partie visible de l’ « iceberg». Plus loin, dans un autre entrepôt plus grand, c’est le même décor. Là aussi,  des milliers de tonnes sont stockées. « Ils appartiennent à des clients qui ne peuvent pas revendre, faute de débouchés», a indiqué le DG. Devant cet entrepôt,  des tonnes de sucre stockées en plein air, sont recouvertes de bâches. Visiblement choqué, le président du Faso ne cesse de poser des questions au DG.

 

En attendant que le gouvernement se penche sérieusement sur la question, Michel Kafando, lui, suggère la prospection du marché sous régional. Pour le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Hyppolite Dah, cette crise de mévente pourrait être l’objet d’une future rencontre tripartite entre la SN-SOSUCO, le ministère de l’Economie et des Finances et celui en charge  du Commerce.

 

Inauguration de la Minoterie du Faso dans un mois

De la SN-SOSUCO, la délégation s’est rendue à la Minoterie du Faso, située à la sortie Sud de Banfora. En ces lieux, le décor a bien changé. Le portique a été repris et une enseigne lumineuse verticale se dresse magistralement à l’entrée de l’usine. A l’intérieur,  les herbes folles et ronces ont disparu. Les choses semblent bouger. C’est d’ailleurs ce que Ignace Traoré, le directeur général, va confirmer. L’outil de production à l’arrêt depuis 2009 et victime d’acte de cambriolage est quasiment fonctionnel. Grâce au rachat de l’entreprise par l’Etat, a-t-il précisé, l’usine est presque sur pied. Et de noter qu’environ 90%  des équipements acquis ont été installés pour l’ensemble des volets électricité et mécanique. Il reste, de son avis, quelques équipements à acquérir pour finaliser la mise en état de l’outil de production. La Minoterie du Faso, dans sa version étatique, aura, une fois fonctionnelle, une capacité de traitement de 150 tonnes/jour  avec un rendement de 78% en farine (blé, maïs).  A cela, il faut ajouter l’aliment bétail et la volaille, assortis d’autres perspectives. Côté personnel, a renchéri le DG, la Minoterie du Faso prévoit créer 100 emplois  directs 3000 emplois indirects. Toutefois,  pour finaliser cette œuvre, la société, aux dires de son patron, aura besoin de deux milliards pour l’achat de matière première afin de tester les machines à la fin  des installations et lancer la production. Dans la même veine, elle a besoin de liquidité pour réhabiliter les locaux administratifs frappés par la vétusté. Aux dires du DG, dans trois mois, les machines pourraient de nouveaux vrombir sur ce site.  Dans l’attente de la résolution de ces questions, la visite physique des installations a permis au  président du Faso de mesurer tout le travail abattu pour la remise sur pied  de cette industrie. Toute chose qui lui a fait dire que la «résurrection » de ce fleuron de l’économie de la région pourra donner un coup de fouet au développement de la région.

 

Frédéric OUEDRAOGO

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Sidwaya

Mise à jour le Mardi, 24 Février 2015 08:12
 

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