Présidentielle et législatives couplées : 1,3 milliards de F CFA pour les candidats Imprimer
Écrit par Sidwaya   
Mercredi, 04 Novembre 2015 05:42

Le gouvernement a échangé hier mardi 3 novembre 2015 à Ouagadougou avec la presse autour des préparatifs de la présidentielle et des législatives du 29 novembre prochain. L’exécutif dit avoir pris des mesures pour relever les défis sécuritaires. Les campagnes électorales de la présidentielle et des législatives du 29 novembre 2015, coûteront à l’Etat burkinabè, un milliard trois cent millions (1 300 000 000) de F CFA.

 

Le montant de l’enveloppe a été annoncé hier 3 novembre 2015 par le gouvernement de la Transition, lors de sa traditionnelle rencontre avec la presse. L’exécutif était représenté par quatre ministres dont son porte-parole, Fréderic Nikiéma, en charge de la communication et Youssouf Ouattara de l’Administra-tion territoriale et de la Décentralisation. Comme il fallait s’y attendre, les échanges ont été dominés par le dossier consacré aux élections couplées dont la campagne s’ouvre officiellement le dimanche 8 novembre 2015 à zéro heure. Selon le ministre Ouattara, sur le montant ci-dessus cité, le gouvernement de la Transition avait initialement inscrit au budget de l’Etat gestion 2015, une ligne de crédit  d’un milliard de F CFA pour le financement des activités des partis et formations politiques et des campagnes électorales avant de le revoir à la hausse.

Et cela compte tenu du nombre important des candidats en lice pour les deux scrutins. Cette manne financière, aux dires du ministre Youssouf Ouattara sera répartie selon des modalités déjà définies. Ainsi, chacun des 14 candidats dans la course pour le fauteuil du président du Faso recevra 25 millions de F CFA tandis que pour les législatives, les partis politiques et les regroupements d’indépendants auront à se partager la somme de  460 millions de F CFA, proportionnellement au nombre de candidatures présentées.

En ce qui concerne la prise en charge des représentants  des candidats dans les différents bureaux de vote, désormais assurée par l’Etat conformément à la nouvelle loi électorale, elle s’élève à 518 619 000 F CFA. Mais cet argent destiné aux hommes politiques, ne doit pas être affecté à des dépenses autres que celles prévues par les textes réglementaires. « Les dépenses éligibles en période de campagne électorale sont fixées par l’article n°7 du nouveau Code électoral », prévient M. Ouattara. Les meetings organisés au cours des campagnes, l’édition, la distribution et la promotion des projets de société, la confection d’affiches, de brochures et les sessions de renforcement des capacités en période de campagne électorale sont, entre autres, les activités dont les dépenses sont éligibles à l’article cité. Youssouf Ouattara n’a  pas voulu passer sous silence le contexte très particulier des scrutins à venir. « Les élections du 29 novembre 2015 ont de grands enjeux puisqu’intervenant après l’insurrection populaire ayant emporté un régime de 27 ans de règne », a-t-il précisé.

L’environnement économique peu favorable, caractérisé par une réduction des recettes de l’Etat et l’accroissement des données statistiques électorales en 2015 par rapport à celle de 2012 sont autant d’autres particularités. Par exemple, en 2012, la présidentielle avait enregistré 7 candidatures, 74 partis politiques et 3037 candidats aux législatives contre respectivement 14 candidats, 100 partis politiques et regroupements d’indépendants et 7058 candidatures à la députation en cette année électorale  2015. Interpellé sur les défis sécuritaires auxquels le Burkina Faso fait face à cette période de campagne, en l’absence de son collègue de la sécurité, le patron de l’administration territoriale s’est voulu rassurant. « Le gouvernement a pris toutes les mesures pour garantir la sécurité des équipes qui se rendront sur le terrain pendant la campagne électorale et par-delà celle de tous les Burkinabè », a-t-il dit. Avant de reconnaître que la sécurité est une préoccupation permanente qui exige que chaque citoyen joue sa partition, notamment en collaborant étroitement avec les forces de défense et  de sécurité.

 

Les attentes du gouvernement

Le ministre en charge de la Communication, Fréderic Nikiéma, a, pour sa part, rappelé aux hommes et femmes des médias les attentes du gouvernement de la Transition vis-à-vis de la presse pendant les trois semaines de campagne à venir. « Il s’agit pour vous de travailler dans le respect strict des règles édictées par le Conseil supérieur de la Communication, en observation des prescriptions de la loi électorale en matière d’encadrement de la médiatisation des élections dans notre pays », a-t-il précisé. Il a également demandé aux professionnels de la presse de  travailler à promouvoir une information électorale plurielle, équilibrée et éducative en vue de contribuer à asseoir les bases d’un scrutin paisible et transparent. L’autre axe de l’intervention de M. Nikiéma a porté sur le Fonds d’appui à la presse privée burkinabè dont le projet vient d’être adopté par le gouvernement de la Transition. Selon lui, ce fonds est l’aboutissement de la lutte des membres de la presse privée, singulièrement, une victoire de la Société des éditeurs de la presse privée (SEP-Burkina). « La création de ce fonds vise à mettre en phase le discours et les proclamations politiques sur l’importance et le rôle incontournable de la presse dans la promotion de la culture démocratique », a indiqué le ministre Nikiéma. Le bilan des actions entreprises par les autorités de la Transition au profit des victimes de l’insurrection populaire et celles du putsch manqué de septembre 2015 étaient également à l’ordre du jour de ce rendez-vous mensuel avec la presse.

 

Beyon Romain NEBIE

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Sidwaya

Mise à jour le Mercredi, 04 Novembre 2015 05:51