Maintien de la paix en Centrafrique : Encore ces Africains et leurs contradictions PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur Paalga   
Mercredi, 08 Janvier 2014 10:20

Cela fait déjà un mois que les soldats de l’opération française Sangaris épaulent  la force de la Mission de l’Union africaine en Centrafrique (MISCA) pour endiguer et enrayer les massacres ethnico-religieux qui ont cours dans ce pays niché au cœur du continent noir. Aussi bien sur le théâtre des affrontements que dans les salons feutrés de grandes organisations internationales, on se démène comme un beau diable pour sortir le pays de Barthélemy Boganda de l'ornière. Le lundi 6 janvier 2014, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) s’est réuni pour faire le point de la situation qui prévaut dans cet Etat en lambeaux.

Les pays membres de cet organe onusien en charge du maintien  de la paix et de la sécurité dans le monde ont reconnu que la situation sécuritaire dans ce pays est, loin d’être reluisante, des plus chaotiques :

milicien de la Séléka, l'ex-rebellion, et groupes d'autodefense des antibalaka s'éliminent au fusil et à la machette, musulmans et chrétiens se persécutent, et  les communautés étrangères sont prises à partie et contraintes de quitter la Centrafrique par voies aérienne pour les plus nanties et terrestre pour les autres.

Sur le plan humanitaire, c’est aussi la désolation. Il ressort que plus de la moitié des Centrafricains ont besoin d’aide, une aide urgente, car la retarder, c’est prendre le risque d’accroître le nombre de gens ayant besoin d’un appui pour survivre, c’est aggraver la situation humanitaire de ce pays.

C’est dans ce contexte apocalyptique que le Conseil de sécurité envisage l’envoi de Casques bleus dans cette contrée en désarroi. Avec cette éventuelle mission onusienne, c’est la garantie pour les soldats de la paix de disposer de davantage de moyens pour accomplir leur job.

Mais au grand étonnement de plus d’un, le Tchad d’Idriss Deby Itno, nouveau membre non permanent du Conseil de sécurité et pays participant militairement à la MISCA, rejette tout projet d'envoi des Casques bleus,  arguant qu’il faut donner à la force de l’Union africaine sa chance. On ne sait vraiment ce que cache cette position de N’Djamena.

Est-ce le souvenir de ses hauts faits d’armes au Nord-Mali qui lui monte à la tête au point qu’il oublie que les contextes ne sont pas les mêmes et qu’on ne mène jamais deux fois la même guerre? Il devrait vite se rendre compte que, dans les sables du Sahel malien, ses troupes ont remporté d’éclatantes victoires alors qu’en Centrafrique, après plusieurs mois, même épaulée par d’autres forces, la MISCA peine toujours à ramener un début de calme dans les eaux de l'Oubagui-Chari.

Derrière ce refus du Tchad, ne faut-il pas voir l’ombre de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEAC) et surtout de l’Union africaine et des souverainistes de tout poil réfractaires à toute intervention des forces occidentales sur le continent, qu’ils assimilent à du néocolonialisme ? Une chose est d'exiber sa fierté africaine, une chose est d'en avoir les moyens. Pourtant en dehors de pousser des cris d’orfraie, ils sont incapables d’entreprendre une action concrète à même d’enrayer les actes de violence qui font de milliers de morts.

Pour sûr, les victimes des atrocités ne cherchent pas à savoir si leur sauveur est africain ou non. Ce qui compte pour elles, c’est d’être sécurisées et tenues loin des machettes et autres gourdins meurtriers.

Au lieu de toujours se lamenter, l’Union africaine gagnerait à mieux se structurer en se dotant d’une force d’intervention disposant des moyens nécessaires pour accomplir efficacement son travail. Bien évidemment tout cela coûte de l’argent et il n’est pas sûr qu’une institution qui n’a même pas été capable de construire son propre siège puisse prendre en charge de telles opérations.

Ces réticences seraient-elles la manifestation d'un quelconque amour-propre? En effet, les pays de l’Afrique centrale pourraient ne pas assurer le commandement de l’opération onusienne, en la matière, New York étant libre de nommer qui il veut. On se souvient encore comme hier de  la désillusion et de l’ire de N’Djamena dans le dossier du Mali lorsqu’il n’a pas eu le commandement de la MINUSMA.

Heureusement que le Tchad seul ne peut empêcher l’envoi des Casques bleus en Centrafrique. Mais il faudra que sur le continent, on apprenne à se départir de certaines manies contre-productives et à privilégier l’essentiel, qui est ici ce qui peut aider à sauver des vies et à mettre fin au chaos centrafricain. Tout le reste n’est que baliverne et perte de temps !

 

San Evariste Barro

L'observateur paalga

Mise à jour le Mercredi, 08 Janvier 2014 10:32
 

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