Mutinerie en Côte d’Ivoire : Le général Bakayoko emporté par la fièvre kaki PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur paalga   
Mardi, 10 Janvier 2017 12:22

L’encépha logramme politique s’est particulièrement emballé ces derniers temps en Côte d’Ivoire. Et le pic aura été enregistré le week-end écoulé avec la mutinerie des militaires de Bouaké pour des questions de primes et d’avancement. Et si depuis, le calme semble revenu, qui sait s’il sera définitif tant la ville du nord nous a habitués à ses sautes d’humeur.

Mais en attendant, l’actualité ivoirienne a quitté les casernes pour se porter sur le champ politique avec une semaine décisive qui a commencé dès ce lundi par les premiers pas de la Troisième République.

 

Acte 1 : démission du premier ministre Daniel Kablan Dunkan et de son gouvernement, le temps pour lui de valider son nouveau mandat de député de Grand-Bassam ; une formalité en somme, à laquelle le chef de l’exécutif et quelques-uns de ses ministres n’ont pas manqué de sacrifier.

 

Acte 2 : tout aussi prévisible, la réélection de Guillaume K. Soro au perchoir avec, excusez du peu, 95,04% des voix contre moins de 5% à Evariste Méambly, son lampiste de challenger.

 

En renouvelant son mandat, l’ancien chef rebelle conserve théoriquement sa planque dorée jusqu’en 2021, ce qui l’exclut à priori de la grande bataille en perspective pour la présidentielle de 2020, Alassane Ouattara ayant solennellement promis qu’il respecterait la Constitution… Encore que dans ce marigot politique ivoirien si souvent troublé, il faille surtout se garder de faire la moindre projection, même à court terme.

 

Acte 3 de cette journée décidément bien mouvementée, la nomination attendue d’un nouveau Premier ministre. Pour  occuper ce poste, le nom d’Amadou Gon Coulibaly, secrétaire général de la présidence, était celui qui revenait le plus souvent.

 

Mais qu’il s’agisse de lui ou d’un autre, il y a urgence, car la Côte d’Ivoire ne peut pas se payer le luxe d’une vacance gouvernementale alors que la mutinerie du week-end n’est pas totalement résorbée.

 

Acte 4 : last but not least, le limogeage du chef d’état-major général des armées, le général Soumaïla Bakayoko, emporté par la fièvre kaki et remplacé par le général de division Sékou Touré ; limogeage aussi des chefs de la gendarmerie et de la police. Sans doute que le chef suprême des armées, ADO lui-même, aura voulu donner un coup de pied dans la fourmilière.

 

Ainsi, maillon après maillon, les différents éléments de la chaîne républicaine se mettent en place. Et si l’on excepte la formation du futur gouvernement, l’événement le plus attendu reste, sans conteste, la nomination, imposée par la nouvelle constitution, du vice-président.

 

Un poste clé s’il en est, quand on sait qu’une disposition transitoire permet au chef de l’Etat de désigner l’oiseau rare bien avant les prochaines échéances où il y aura le fameux ticket présidentiel. Le costume a-t-il été taillé à la mesure de Daniel Kablan Dunkan ? C’est fort possible pour ne pas dire probable.

 

Comme on peut le voir, rarement semaine aura été aussi riche en événements sur les bords de la lagune Ebrié.

 

Mais si sur le plan politique les choses semblent réglées comme du papier à musique, plus imprévisible est la volatile fièvre kaki qui a fait ses premières victimes et dont les répercussions peuvent encore se faire sentir. Il faudra donc que les politiques ivoiriens trouvent, et vite, les moyens de calmer le courroux qui a mis les casernes de Bouaké en ébullition.

 

H. Marie Ouédraogo

L'Observateur paalga

Mise à jour le Mardi, 10 Janvier 2017 12:58
 

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