François Hollande à Bamako : L’adieu au continent Imprimer
Écrit par L'Observateur paalga   
Vendredi, 13 Janvier 2017 09:17

Ce sont toujours les mêmes questions qui se posent et la même polémique qui gronde lorsque s’annonce le sommet jadis appelé France-Afrique ou franco-africain, et rebaptisé Afrique-France autant pour mettre en exergue la prééminence du continent que pour calmer les susceptibilités nationales de ses fils. Oui, mais cela ne change rien à l’affaire, car pour une bonne partie de l’élite africaine il y aura toujours comme un relent de néocolonialisme dans ces rassemblements durant lesquels le grand chef Blanc venait, in situ, à la rencontre de ses sous-préfets dont la carrière, il est vrai, dépendait souvent du bon vouloir de Paris.

Et la 27e conférence des chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique et de France qui se tient ce week-end à Bamako n’aura pas échappé à cette critique récurrente formulée notamment par les organisations du contre-sommet, qui n’auront pas été avares en diatribes contre ce « machin ».

 

Il est vrai que le pays hôte, comme tant d’autres voisins ou plus lointains, offre aujourd’hui et 60 ans après son indépendance, l’image d’un Etat incapable de se prendre en charge notamment sur le plan sécuritaire, obligé qu’il fut en 2012, de faire appel à l’armée tricolore pour contrer le péril djihadiste qui menaçait de déferler sur Bamako.

Presque 5 ans après, l’opération Barkhane a remplacé Serval sans pour autant que le danger soit complètement écarté… De sorte que c’est une réunion sous très haute surveillance qui se tient aujourd’hui et demain sur les rives du Djoliba. Les attaques de la Terrasse et du Radisson Blu sont toujours vivaces dans les mémoires, et la situation dans laquelle se trouve actuellement le Mali impose pour ainsi dire le menu des discussions. « Paix et émergence ». Tel est le thème général de ce 27e sommet qui devrait réunir une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement francophones, mais aussi anglophones et lusophones.

Et on aura beau voir dans ces jamborées politico-diplomatiques une forme de survivance du fait colonial, il faut reconnaître qu’elles sont souvent l’occasion de « mini-sommets » ou autres huis clos décidément fort utiles pour régler des problèmes particuliers. Et ce n’est sans doute pas le fruit du hasard si en dehors de la France d’autres puissances, grandes ou moyennes, ont choisi ce moyen pour tisser des liens avec le Continent. On a vu des sommets Chine-Afrique, Japon-Afrique ou Inde-Afrique, etc. Preuves s’il en est, que l’ancienne puissance coloniale n’a plus l’exclusivité.

En tout cas, s’il y en a un qui comme Ulysse a fait un bon et long voyage, c’est sans doute François Hollande qui durant son mandat n’a jamais été aussi bien dans sa peau que lorsqu’il se trouvait hors des frontières hexagonales. Accueilli triomphalement au pays de Modibo Keita après le lancement de l’opération Serval, n’avait-il pas affirmé que c’était là le plus beau jour de sa vie politique ? Quatre ans après, la roue a tourné et « Flamby » bien que flamboyant à l’extérieur a dû renoncer à briguer un second mandat devant l’évidence d’un échec programmé. Le voici donc de retour au Mali, mais cette fois pour des adieux au Continent avec lequel il a su tisser des liens forts.

 

H. Marie Ouédraogo

L'Observateur paalga

Mise à jour le Vendredi, 13 Janvier 2017 09:40