Sommet Afrique France: un partenariat pour la paix et l’émergence PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sidwaya   
Lundi, 16 Janvier 2017 09:19

Le 27e sommet Afrique-France, tenu les 13 et 14 janvier 2017 à Bamako au Mali, a été une occasion pour le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré et ses pairs, d’ébaucher des pistes de solutions en faveur de la paix, du développement et de la lutte contre le terrorisme.

Défis et menaces à la paix, et émergence pour une croissance inclusive créatrice d’emplois ont été les principaux  sujets  du 27e sommet Afrique-France de Bamako, tenu les 13 et 14 janvier 2017 et placé sous le thème : «Pour le partenariat, la paix et l’émergence». Le Burkina Faso qui doit vaincre au plus vite la menace terroriste pour se consacrer sereinement à la mise en œuvre de son Plan national de développement économique et social (PNDES), s’est beaucoup investi dans les échanges. «Il est évident que sans paix, il ne peut pas y avoir de développement. Aujourd’hui, beaucoup de pays sont confrontés au fait qu’au plan budgétaire, ils sont obligés de mettre assez d’argent dans l’équipement militaire au détriment des projets de développement», a expliqué Roch Marc Christian Kaboré, à la fin des travaux. A ce sujet, le président du Faso a affirmé avoir informé son homologue de la République française, François Hollande et son ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, d’une rencontre le 24 janvier à Niamey entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali, à propos de la sécurisation de leurs frontières communes. Pour le chef de l’Etat burkinabè, il est regrettable que des terroristes s’en sortent «allègrement» chaque fois, après leurs odieux forfaits.  Selon Roch Marc Christian Kaboré, il s’agissait de voir avec François Hollande, dans quelle mesure, les trois pays pouvaient être appuyés.

 

Justement, François Hollande avait assuré au début des travaux, que son pays s’engage à former 25 mille forces  africaines, durant les trois années à venir, notamment aux techniques de déminage et de renseignements.  Le président Hollande  a également fait cas de la création future, en Afrique, d’une Ecole internationale sur la cybercriminalité, destinée à prendre en compte les nouvelles formes de menaces. Toutes ces actions visent, selon le chef de l’Etat français, à aider les forces africaines, à prendre entièrement en charge, la sécurité de leurs concitoyens.

Outre les aspects sécuritaires, les questions de développement et de créations d’emplois pour les femmes et les jeunes, ont été également au menu des échanges. «Il a paru, une fois de plus, nécessaire que nous puissions trouver des solutions de manière à ce qu’il y ait cette autonomisation par l’auto-emploi, l’entreprenariat, la formation professionnelle et la dotation de moyens financiers qui permettent aux jeunes et aux femmes d’entreprendre des activités»,  a déclaré le président Kaboré.

 

Yaya Jammeh doit céder le pouvoir

Et pour encourager l’auto-emploi,  cinq jeunes Africains et cinq jeunes Français, prometteurs de start-ups, alliant technologies, santé, éducation, énergie et finances, ont été distingués lors de la cérémonie d’ouverture. Les Africains ont reçu chacun, un soutien financier de 30 mille euros (environ 20 millions de F CFA) et 10 mille euros pour chacun des Français.   Le chef de l’Etat français pour qui, la dividende démographique doit être appréhendée dans toutes les questions, a promis une aide financière de 23 milliards  de FCFA pour le continent, durant les cinq années à venir.

S’il est vrai que la paix et la sécurité sont des préalables au développement et à l’émergence, le respect des Constitutions et de la souveraineté des peuples (sources d’instabilité) ne sont pas en reste.  C’est le message fort que le sommet a adressé au président gambien, Yahya Jammeh, l’invitant à céder diligemment le pouvoir à Adama Barrow, vainqueur de la présidentielle de décembre dernier. Selon le chef de la diplomatie burkinabè, Alpha Barry, il y a eu au cours de la rencontre de Bamako, un sommet extraordinaire de la CEDEAO, quoique informel, avec le président élu, Adama Barrow.

 

Les adieux de l’Afrique à Hollande

«La CEDEAO a dit qu’elle privilégie pour les jours qui restent encore, toujours la discussion et le dialogue pour que Yahya Jammeh entende raison et puisse partir dignement. Dans tous les cas, la deuxième option, c’est de le faire partir de force. Les experts militaires de la CEDEAO sont déjà réunis et essaient de  planifier une stratégie dans ce sens. (…)», a affirmé Alpha Barry. Il a ajouté que le 19 janvier, le président élu, Adama Barrow, sera celui qui sera reconnu par la CEDEAO, l’Union africaine, les Nations unies, donc par la communauté internationale car il ne peut pas y avoir deux présidents en Gambie après le 19 janvier 2017.

Le 27e sommet Afrique-France a été le dernier pour François Hollande qui achève dans quelques mois, son unique mandat. Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a au nom de ses pairs, salué le mérite d’un homme qui, selon lui, est «de tous les chefs d’Etat français, celui dont le rapport avec l’Afrique aura été le plus sincère, le plus loyal». Il a particulièrement salué le déploiement le 11 janvier 2013 par François Hollande, de l’opération Serval, alors que des groupes terroristes étaient aux portes de Bamako. Pour le chef de l’Etat français, cette action salvatrice n’est pas seulement  l’œuvre des forces françaises, mais également des forces maliennes et africaines, avec l’accord de l’Etat malien et de l’Union africaine. «La solidarité, la France la doit à l’égard du sacrifice des tirailleurs lors des deux conflits mondiaux. En venant au secours du Mali puis en formant son armée, la France  acquitte une dette à l’égard des soldats morts, venant de toute l’Afrique, pour notre liberté», a estimé le président Hollande.

A la suite de Ibrahim Boubacar Keïta, le président en exercice de l’Union africaine, le Tchadien Idriss Deby Itno, a salué l’engagement de François Hollande aux côtés de l’Afrique, «dans ses moments les plus sombres». Il a appelé ses pairs  à s’impliquer dans la concrétisation de l’Agenda 2063 qui vise à terme, la transformation structurelle des économies africaines, l’accélération de l’industrialisation du continent et le renforcement de l’intégration entre les peuples.

 

Tilado Apollinaire ABGA

De retour de Bamako (Mali)

Sidwaya

Mise à jour le Lundi, 16 Janvier 2017 09:30
 

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