Nouvelle mutinerie en Côte d’Ivoire : ADO victime du monstre qu’il a enfanté PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur paalga   
Mercredi, 18 Janvier 2017 11:32

On pensait qu’avec le limogeage des premiers responsables de l’armée, de la gendarmerie et de la police suivi du paiement des primes (12 millions de FCFA par tête de pipe) promises à plus de 8000 anciens rebelles intégrés dans l’armée qui s’étaient mutinés il y a deux semaines, le problème était réglé.

Mais, à l’évidence, la politique du chéquier n’aura pas fait que des heureux : la fièvre kaki, après Bouaké, a en effet gagné de nombreuses autres localités ivoiriennes, de Daloa à Dimbokro en passant par Man, Abidjan et Yamoussoukro. Alors même que les ex-forces nouvelles passaient à la caisse hier, c’est d’autres cargaisons entières de gendarmes et de militaires qui réclamaient à leur tour le même traitement. Cette fois, c’est même le village natal du vieux Houphouët qui est l’épicentre de cette crise : prise de deux brigades de la gendarmerie et de la préfecture de police, scènes de pillage, affrontements entre pandores et soldats primés ont ainsi rythmé hier la vie de la capitale politique de la Côte d’Ivoire. Le bilan provisoire faisait état de deux morts en début de soirée.

 

Retour donc à la case mutinerie pour Alassane Dramane Ouattara (ADO) qui pensait avoir définitivement réglé le problème en déliant les cordons de la bourse. Il pensait sans doute ainsi avoir la paix, mais ce faisant, le chef suprême des armées a créé un semblant d’injustice envers le reste de la troupe. Il n’a sans doute pas d’autre choix que de sortir encore le chéquier au risque d’alourdir davantage la facture qui est suffisamment douloureuse et salée pour les finances publiques.

Cette nouvelle éruption montre, s’il en était encore besoin, que la greffe des ex-rebelles sur les forces de défense et de sécurité traditionnelles n’a toujours pas pris plus de cinq ans après la guerre qui a installé ADO au pouvoir. En bichonnant les uns, en donnant des grades de complaisance à des sous-officiers qui ont pris l’ascenseur pour se retrouver officiers supérieurs, Alassane Ouattara, Guillaume Soro et Cie ont en réalité créé une armée à double vitesse. Les voici aujourd’hui victimes du monstre qu’ils ont eux-mêmes façonné de leurs propres mains. Et ils ne sauraient se prévaloir de leurs propres turpitudes.

On pensait qu’au cours de son second mandat, qui vient de commencer, le locataire du palais de Cocody aurait les coudées plus franches pour mettre au pas les militaires, notamment les mercenaires qui l’ont fait roi. On a bien peur, avec ces mouvements perlés, qu’il n’ait plus toute la maîtrise de cette machine devenue infernale.

Avec ces concerts répétés de la canonnière, le moins qu’on puisse dire est que la IIIe République ivoirienne, mise en place au pas de charge la semaine dernière, commence sous de mauvais auspices mais la question se pose de savoir si le ministre de la Défense, Alain-Richard Donwahi, qui était parvenu à conserver son portefeuille lors du récent remaniement, va, cette fois-ci, pouvoir sauver sa tête.

Le plus grave, c’est que rafales après rafales, ces sorties bruyantes de la soldatesque peuvent remettre en cause les précieux acquis socio-économiques engrangés ces dernières années après une décennie de turbulences qui avaient littéralement dévasté le pays.

 

Adama Ouédraogo Damiss

L'Observateur paalga

 

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