Gambie : Barrow doit rentrer et fissa PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur paalga   
Mardi, 24 Janvier 2017 06:49

De 22 ans d’omniprésence et d’omnipotence, on a basculé brusquement dans la situation d’un pays avec deux présidents : le mandat de Yahya Jammeh, le chef de l’Etat défait lors de la présidentielle du 22 décembre 2016, venait en effet d’expirer à minuit et il s’accrochait toujours à son fauteuil pendant que son successeur élu, Adama Barrow, prêtait serment depuis son exil sénégalais à l’ambassade de Gambie à Dakar. Situation inédite très vite résolue avec les tractations diplomatiques et les pressions militaires qui ont fini par avoir raison de l’obstiné.

Exit donc « Big man», exilé depuis samedi nuit en Guinée-Equatoriale sans que le nouveau chef de l’Etat soit rentré. Les Gambiens étaient d’ailleurs hier toujours en attente du retour, qu’on imagine triomphal, de Barrow, mais en attendant la Gambie est  devenue un Etat sans chef momentanément certes mais les conséquences d’un tel vide au sommet de l’Etat et à tous les niveaux de l’appareil administratif et politique sont énormes. Comme on aurait dit à Ouagadougou, c’est un « pays- laisse-guidon» ; autrement dit livré à lui-même.

 

La nature ayant horreur du vide, il faut craindre qu’une forme d’anarchie s’installe si le séjour d’Adama Barrow dure et suscite une vocation chez un soldat qui va sortir du bois sous prétexte de rétablir l’ordre. Barrow doit donc rentrer et fissa.

Certes après deux longues décennies de règne avec Jammeh, il faut déminer le terrain laissé par le fuyard qui a encore de nombreux fidèles et obligés sur place de sorte qu’il faut sécuriser sérieusement les lieux, notamment la présidence et pourquoi pas exorciser et déminer mystiquement State House où le marabout Yahya  a pu cacher une potion ou un talisman maléfique avant que l’hôte de Macky Sall ne rentre au bercail.

Mais cela ne saurait être une raison de s’éterniser maintenant qu’il a l’occasion d’exercer le pouvoir. Que  risque-t-il d’ailleurs avec les anges  gardiens  de la  CEDEAO ? Bien sûr personne ne demande à l’ancien magnat de l’immobilier devenu par hasard président d’être téméraire mais un minimum de courage est quand même requis pour occuper une telle fonction. D’ailleurs quand on voit les images où le  corps expéditionnaire de la CEDEAO et les soldats de la sécurité présidentielle fraternisent et quand bien même le risque zéro n’existerait pas, il y a un minimum de conditions remplies pour le retour du successeur de «Big man».

 

Adama Ouédraogo Damiss

L'Observateur paalga

Mise à jour le Mardi, 24 Janvier 2017 06:57
 

Suivez-nous sur Facebook

Suivez-nous sur Twitter

Dans le monde

Contactez Fasopresse

 

Pour des requêtes d’informations ou des besoins d’insertions publicitaires, vous pouvez nous joindre en envoyant un mail à l’adresse suivante :

E-mail: info@fasopresse.net