Mort de deux soldats français au Mali: Pourvu que l’écho de l’explosion atteigne Bruxelles PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur paalga   
Mercredi, 21 Février 2018 23:09

Ils sont au nombre de 22, les militaires français tombés au Mali depuis le lancement par François Hollande de l’opération Serval en mars 2012 pour stopper l’avancée des djihadistes qui menaçaient de faire tomber Bamako. Depuis plus de cinq ans qu’elle dure, l’intervention tricolore qui répond désormais au nom de Barkhane, malgré tout ce qu’on en dit, aura permis de circonscrire l’incendie et de « casser les reins », pour reprendre l’expression d’un général français, à la pieuvre qui, malgré tout ,aura pu essaimer dans les pays voisins.

 

Oui, mais à quel prix ! Car si l’on excepte les « Deby boys », ces farouches combattants tchadiens fauchés par grappes entières pendant la phase éruptive de la crise, la France est le pays qui aura payé le plus lourd tribut à cette guerre qui certes se mène loin de ses frontières mais, quoi qu’on en dise, la concerne aussi, tant la menace terroriste est devenue universelle.

 

Ce mercredi encore, deux soldats français ont perdu la vie lors d’une opération tandis qu’un troisième blessé a été transféré à Gao. Leur véhicule a sauté sur un engin explosif de fabrication artisanale alors qu’il circulait à l’ouest de Menaka, sur l’axe Anssongo-Menaka, pour une « mission de contrôle sur zone ».

Ce nouveau drame survient quelques semaines après qu’un camion qui transportait des commerçants partis de Djibo au Burkina a été pulvérisé par le même type d’engin quelque part vers Mopti, faisant une vingtaine de morts.

Il faut dire que depuis 2012, ces mines antipersonnel, antichars ou les fameux engins explosifs improvisés sont devenus un véritable fléau au Mali, où ils ont fait quelque 2000 victimes dont des centaines ont perdu la vie. A ce triste bilan s’ajoute ce que les militaires appellent dans leur jargon les restes d’explosifs de guerre qui, bien après leur utilisation, constituent un danger latent pour les populations civiles comme c’est le cas dans des pays comme l’Angola, l’Irak ou encore l’Afghanistan, dont le sol est souillé par ces armes sales qui par leur seule présence rendent des régions entières inexploitables.

Ces nouvelles pertes interviennent alors que la force commune au G5 Sahel, après le galop d’essai de « Hawbi », « vache noire », suivi en janvier 2018 de l’opération « Pagnali », « tonnerre », peine encore à trouver sa vitesse de croisière faute, pour l’essentiel, de moyens. C’est dire donc si tous les regards sont désormais tournés vers Bruxelles, où s’ouvre demain vendredi la table ronde des bailleurs de fonds. On croise les doigts pour que le budget de 450 millions d’euros indispensable à l’opérationnalisation de cette force, censée à terme remplacer Barkhane, soit enfin bouclé pour faire renaître l’espoir dans les zones où sévit la pieuvre terroriste.


H. Marie Ouédraogo

L'Observateur paalga

 

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