Démissionnaires du CDP : Le syndrome du péché irrémissible PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur Paalga   
Mercredi, 08 Janvier 2014 10:20

Circonspection, quand tu nous tiens. Soixante-douze heures après la démission du contingent CDP, on se perd encore en conjectures sur leurs motivations réelles et leurs véritables ambitions. Pour certains, il ne fait l’objet d’aucun  doute que ce sont des aigris qui prennent leur revanche sur un système qu’ils ont servi de longues décennies  et qui les a ensuite jetés dans les poubelles de l’Histoire. Il y a sans doute un peu de vrai d’autant qu’on ne fuit pas un navire en dansant la lambada et qu’en politique comme partout ailleurs, on ne mobilise un homme que sur la base de ses intérêts. Que de supernaufragés, anciens marins qui barbotaient aisément en eaux saumâtres soient donc en manque de bouées de sauvetage et décident de ramer à contre-courant peut bien se concevoir.

Mais cela suffit-il pour en faire de véritables opposants déterminés à croiser le fer avec  celui qui, il n’y a pas longtemps encore, était leur mentor ? Telle est la grande question. Il faut d’ailleurs dire que pour un certain nombre d’analystes se demandant si Roch, Salif, Simon et Cie ne seraient rien d'autre que des torpilles habilement lancées par le stratège de Kosyam pour couler la vraie opposition regroupée autour du  CFOP, c’est trop beau pour être vrai. S'il est vrai qu’un loup ne deviendra jamais un agneau (dixit Roch Marc Christian Kaboré au sujet de son nouveau compagnon de route Salif Diallo du temps de la guéguerre entre les caciques du CDP et ce dernier), on peut effectivement s’interroger sur l’éventuel deal mortel qui se cacherait derrière ces démissions groupées.

Cela n’empêche. Le fait qu’ils soient peu au prou comptables des actes et de la gestion du parti qu'ils vouent  aujourd'hui aux gémomies n'empêche pas que la traversée du désert leur ait ouvert les yeux pour qu'ils se rendent enfin compte qu'il y a le feu dans la maison. Dans un navire, on ne voit pas les choses de la même façon selon qu'on est sur le pont ou dans la soute.

Du reste, qui dans le paysage politique burkinabè n’a pas pactisé à un moment donné avec celui que beaucoup chargent de tous les péchés du Burkina ? Certes, bon nombre d'entre les commensaux répudiés de la table de l'hôte de Kosyam ne traînent pas autant de casseroles supposées ou réelles que Roch, Salif ou Simon, mais nombreux sont ceux qui doivent une reconnaissance du ventre à l'"Enfant terrible de Ziniaré". Alors, qui peut jeter la première pierre aux repentis, de Zéphirin Diabré à Ablassé Ouédraogo en passant par Etienne Traoré, Djezouma Sanou, Fidèle Kientéga, Ram Ouédraogo et Gilbert Ouédraogo, sans bien sûr oublier Hermann Yaméogo ? Il y en a qui sont même passés maîtres dans l’art de quitter le pouvoir en place et d'y retourner.

Pourquoi donc un péché qui n’est pas irrémissible pour certains le serait-il pour d’autres ? D’ailleurs, le fait même qu’ils connaissent parfaitement le mode de fonctionnement du système et l'état d'esprit des hommes qui l'animent peut constituer un atout pour l'opposition qui aspire légitimement à la gestion du pouvoir d'Etat.  La collaboration avec les régimes en place a même constitué dans certains pays la voie royale vers la présidence de la République. Ce fut le cas d’Abdoulaye Wade sous Abdou Diouf, de Macky Sall sous Wade et même, dans une certaine mesure, d’Alassane Dramane Ouattara, le RDR étant tout simplement une émanation du PDCI-RDA. Attendons de juger ces nouveaux opposants au CDP sur pièces afin de voir si l’apostasie sera véritablement consommée. Les professions de bonne foi ne suffisent point. De même que c’est au pied du mur qu’on reconnaît le vrai maçon, c’est par leurs actes qu’on saura qui est opposant et qui ne l’est pas. Alors on ne donnera pas aux  repentis du CDP le Bon Dieu sans confession ni la tête de Blaise sans rédemption. De ce point de vue, la journée nationale de protestation prévue par l’opposition pour le 18 janvier prochain sera un bon test. Même si d’ici là le parti longtemps annoncé n’aura pas encore été créé, l’on espère voir, ne serait-ce qu’individuellement, de nouveaux croquants au premier rang.  A défaut d’amour, un mariage de raison est bien possible.

 

Issa K. Barry

L'observateur paalga

Mise à jour le Mercredi, 08 Janvier 2014 23:51
 

Suivez-nous sur Facebook

Suivez-nous sur Twitter

Dans le monde

Contactez Fasopresse

 

Pour des requêtes d’informations ou des besoins d’insertions publicitaires, vous pouvez nous joindre en envoyant un mail à l’adresse suivante :

E-mail: info@fasopresse.net

 

Recherche

Annonces et agenda

17e édition de la Journée nationale du Paysan: Le comité d’organisation à pied d’œuvre

Le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire(MASA), Mahama Zoungrana, a installé le 13 janvier 2014, à Ouagadougou, le comité national d’organisation de la 17e édition de la Journée nationale du paysan(JNP), prévue pour se tenir du 3 au 5 avril 2014 à Fada N’Gourma. A moins de trois mois de la tenue de la 17e édition de la Journée nationale du paysan (JNP), les membres du comité national d’organisation ont été installés le 13 janvier 2014 par le ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire (MASA) , Mahama Zoungrana.

Lire la suite...
 
JPEX 2013 : Journée Parcours de l’Excellence, 2eme édition

Dates et lieu: Ven. 6 décembre et sam. 7 décembre 2013-11-13 à l’Ambassade du Burkina Faso - 159 Boulevard Haussmann, 75008 Paris

Thème : « Emploi et Investissement en Afrique : Les perspectives d’un développement durable »

Pour plus d’informations, voir : www.laceb-agora.com

Lire la suite...
 
De l’huile frelatée saisie

Il n’y a pas longtemps, des bidons d’huile frelatée ont été saisis par les forces de police à Bobo-Dioulasso. Une opération du même type à Ouagadougou a aussi permis de mettre le grappin sur des bidons d’huile de vidange distillée et destinée à la consommation. Ces produits impropres à la consommation sont dommageables à la santé des consommateurs. Les impuretés peuvent s’accumuler dans les vaisseaux sanguins, s’attaquer au foie et prédisposer les consommateurs aux maladies cardiovasculaires. Ces deux saisies ne sont pas des faits isolés et en appellent à plus de ténacité dans la lutte contre la contrefaçon des produits alimentaires. C’est le lieu d’inviter les consommateurs à plus de vigilance et à collaborer avec les services impliqués dans la lutte contre ces produits illicites, car il y va de leur santé.

Nestor BAKI

Sidwaya

 

Bannière 2D Solutions

Bannière

Petites annonces

Bannière

Meteo

Prévisions météo Ouagadougou