Des odeurs de boules puantes au concours d’architecture de l’Assemblée nationale PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur paalga   
Lundi, 24 Avril 2017 08:39

S’il y a un siège dont tous les Burkinabè attendent avec impatience la construction, c’est bien celui de l’Assemblée nationale dont on sait ce qu’est devenu l’ancien immeuble à la suite des glorieuses journées des 30 et 31 octobre 2014.

Dès lors, on comprend pourquoi le dénouement du concours d’architecture, qui a été organisé à cet effet, a fait le buzz dans le landernau des députés et sur les réseaux sociaux ce week-end ; et pour cause !

 

Pour le dépouillement et certainement pour éviter les soupçons de favoritisme et autres magouilles, le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat a fait venir de Dakar une des sommités, le nec le plus ultra de l’architecture africaine : Pierre Goudiaby Atepa himself, pour ne pas le nommer.

Sous son magistère, une commission technique, le jury si on préfère, a planché puis arrêté une short list de trois (3) cabinets ou groupes de cabinets, classés par ordre de mérite :

1er X

2e Y

3e Z

Bien que les identités des lauréats soient, de nous connues, nous avons préféré en différer pour notre part la divulgation en attendant de voir venir

Jusque-là donc, rien à signaler, bien au contraire, car c’est justement à partir de là que les choses se gâtent comme on dit.

D’abord un vice de forme dans la suite donnée aux résultats du dépouillement. Selon le règlement du concours, si nos informations sont justes, une deuxième commission présidée par le ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat devait siéger à l’effet de statuer  définitivement sur la base de la short list dressée par la commission technique. Elle s’est réunie, mais non sous la présidence  du ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, mais celle d’un questeur de l’Assemblée nationale, toujours à ce qu’on dit.

Pourquoi ? Et il y a pire, puisque le vice de forme semble avoir entaché le fond.

Contre toute attente, en effet, cette deuxième commission retient le troisième de la liste et non le premier, ou à la rigueur le second.

 

Pourquoi ?

Ce deuxième pourquoi appelle cette autre question : A-t-elle eu connaissance du rapport officiel de la commission Goudiaby pour se prononcer en toute connaissance de cause ?

Des sources concordantes et dignes de foi soutiennent que non, car disent-elles, le rapport Goudiaby est resté sagement sous le coude au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat.

 

Pourquoi ?

La même question a été pertinemment posée par des députés lors de la séance plénière du vendredi 21 où le dossier a été examiné : si la deuxième commission a eu connaissance du rapport technique, pourquoi n’a-t-elle pas respecté l’ordre de mérite arrêté par Goudiaby et son équipe ?

Il a fallu suspendre la séance puisqu’il s’est avéré qu’effectivement le PV officiel n’a pas été porté à la connaissance des membres de la  deuxième commission.

Malheureusement à la reprise, le choix du troisième de liste fut entériné, quoiqu’au forceps.

Le président du perchoir, Salifou Diallo, qui n’était pas présent dit-on, avait-il néanmoins connaissance du fond du dossier mais a laissé faire ?

En tout cas, si les choses se sont passées comme rapportées plus haut, il flotte comme des odeurs de boules puantes dans ce dénouement. Et le «plus rien ne sera comme avant» devenu désormais le cri de ralliement au Faso, aura sonné ici comme slogan creux.

Pourquoi avoir pris la peine d’organiser un concours si tout se passe comme si on avait attribué le marché au faciès ?

Etait-ce bien la peine de faire venir d’ailleurs un président du jury si c’est pour se moquer comme d’une guigne de ses avis ?

 

Affaire donc à suivre.

La Rédaction

L'Observateur paalga

Mise à jour le Lundi, 24 Avril 2017 08:50
 

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