Procès du putsch: les accusés à la barre à partir du 6 avril 2018 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sidwaya   
Lundi, 02 Avril 2018 22:04

Les audiences des 30 et 31 mars 2018 du procès du  putsch maqué, ont permis d’aborder les dernières questions de forme, ouvrant  ainsi la voie à l’audition des accusés à partir du vendredi 6 avril 2018. Le procès du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015 franchira un nouveau cap, le vendredi 6 avril 2018, avec l’audition des accusés.  Ainsi en a décidé la Chambre de première instance du tribunal militaire, à l’audience du  31 mars 2018, à la fin de la longue lecture de l’arrêt de renvoi et de mise en accusation, entamée la veille et l’examen de quelques demandes de mise en liberté provisoire.

Au cours de la lecture de l’arrêt de renvoi, on a appris que 13 personnes ont perdu la vie pendant le coup d’Etat et 42 autres blessées, toutes par balles, selon l’examen médical.  L’audience a également permis d’examiner quatre demandes de mise en liberté provisoire, introduites par  les accusés Minata Guelwaré, les sergents chefs Laoko Mohamed Zerbo, Roger Koussoubé, et le soldat de 1ère classe, Abdou Compaoré. Le tribunal, en rendant sa décision, a estimé que les trois premières demandes sont recevables dans la forme et les a rejetées quant au fond. Se prononçant sur la dernière, notamment celle d’Abdou Compaoré, les juges l’ont renvoyée pour une vérification complémentaire.  Avant ces décisions, Mme Guelwaré avait expliqué que sa demande de liberté provisoire trouve ses raisons dans des problèmes de santé, auxquels elle est confrontée, mais aussi en raison de mauvais résultats scolaires de son enfant. Ces arguments n’ont pas convaincu le parquet militaire qui a déclaré que la requérante n’est pas « digne de confiance ».  Selon le procureur, Minata Guelwaré se cachait à Ouagadougou sous une fausse identité, avant son arrestation. Le parquet a demandé à dame Guelwaré de prendre son mal en patience et a requis, par conséquent, son maintien en détention. Loako Mahamed Zerbo, lui, voulait d’une liberté provisoire pour des raisons de famille tout comme Roger Koussoubé qui nourrissait l’espoir d’assister son épouse ayant subi une intervention chirurgicale à la suite d’un accident de la circulation. Tous ces justificatifs n’ont convaincu ni le parquet ni le tribunal. Alors que l’accusé Abdou Compaoré, déjà en liberté provisoire, avait reçu le 29 janvier 2018, une citation à comparaitre devant le tribunal militaire le 27 février,  il s’était pourtant rendu en mission au Mali. Interrogé, il a expliqué que sa hiérarchie était au courant de sa convocation mais l’ont autorisé à se rendre au Mali. Le tribunal a remis sa décision à une date ultérieure afin de vérifier les informations fournies par M. Compaoré. Au cours de l’audience, deux avocats de la défense, Me Halidou Ouédraogo et Issaka Zampaligré se sont déportés pour divergence de points de vue avec leur client, l’ancien bâtonnier, Me Mamadou Traoré. La veille, ces deux avocats faisaient partie de certains conseils des accusés qui avaient décidé de rester aux côtés de leurs clients, alors que la plupart de leurs confrères de la défense avaient claqué la porte du tribunal, suite à un désaccord sur la citation des témoins.

 


Des avocats de la défense claquent la porte

Pour Séraphin Somé, un des avocats de la partie civile, les différentes déportations sont normales, au regard de l’importance du procès. «Nous ne sommes pas surpris par cette attitude », a-t-il dit. Selon lui, il n’y a aucun impact sur la suite de la procédure si les accusés pour lesquels les avocats se sont déportés disposent de plusieurs conseils.  Il a indiqué que  la fin de la lecture de l’arrêt de renvoi marque une étape nécessaire dans l’évolution du dossier.  « Les choses sérieuses vont véritablement commencer », s’est-il réjoui.  Pour Mamadou Keïta, avocat de l’accusé, le lieutenant-colonel Mamadou  Bamba, le procès évolue difficilement mais vers la fin. Il a, par ailleurs, déploré que le tribunal n’ait pas accordé au moins une semaine à la défense pour citer des témoins à comparaître. A l’audience de la veille, vendredi 30 mars 2018, le tribunal  s’est prononcé  définitivement sur la liste des témoins et entamé la lecture de l’arrêt de renvoi et de mise en accusation.  Sur les listes de témoins,  ce sont celles du parquet et des accusés,  Nobila Sawadogo et Médard Boué, comportant respectivement 42 et trois noms, qui ont été retenues par le président du tribunal. Conséquence, les listes des témoins cités par le général Gilbert  Diendéré,  son frère d’armes, Djibrill Bassolé et d’autres accusés n’ont pas été retenues par le tribunal qui a estimé qu’il revenait aux intéressés  de  prendre les dispositions  pour les faire comparaître selon la loi.  En réaction, les avocats de la défense,  dont, entre autres, Me Mathieu Somé et Dieudonné Bonkoungou, ont sollicité  un délai de deux mois pour faire comparaître les témoins de leurs clients. Cette requête a été rejetée par le tribunal,  qui considère que les accusés devaient se conformer aux dispositions légales,  pour faire  comparaître à temps  leurs témoins.   Face à ce refus,  la plupart des avocats de la défense ont claqué la porte du tribunal. «Nous ne pouvons pas assister nos clients dans ces conditions. Nous allons quitter la salle à notre corps défendant», a affirmé Me Bonkoungoun. Cette donne n’a pas influencé  la suite de l’audience, puisque le tribunal a poursuivi en ordonnant  aux greffiers de procéder à la lecture de l’arrêt de renvoi et de mise en accusation.  Les  accusés, par la voix d’un des leurs, l’homme politique Hermann Yaméogo, ont exprimé leur inquiétude d’être sans conseils à la phase de lecture de l’arrêt de renvoi et de mise en accusation.   Ils n’ont  pas eu de  faveur, puisque le président du tribunal a laissé entendre que cette étape pouvait se faire  avec ou sans la présence des avocats de la défense.  «Ils ont quitté la salle, mais ils sont toujours constitués dans le dossier. Ils ne se sont pas  déportés»,  a  fait observer Seydou Ouédraogo.


Anselme KAMBIRE

Kader Patrick KARANTAO

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D’un procès à un autre

Certains soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), déjà condamnés dans l’affaire de l’attaque de la poudrière de Yimdi en avril 2017, se retrouvent encore dans le box des accusés au procès du putsch manqué. C’est le cas du  sergent-chef, Ali Sanou, qui avait joué le rôle du cerveau dans l’attaque du dépôt d’armes et avait écopé de 17 ans de prison  ferme. Dans le dossier du coup d’Etat avorté, cinq chefs d’accusation pèsent  sur ce militaire : complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures aggravée, incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline militaire.


Ces accusés qui risquent un jugement par défaut

Depuis le début du procès,  9 prévenus n’ont pas encore comparu devant le tribunal militaire, car  étant en fuite dans d’autres pays. Il s’agit, entre autres, du colonel Mahamadi Deka, de René Emile Kaboré et de l’épouse du général Gilbert Diendéré, qui serait au Togo selon certaines sources. A l’audience du vendredi 30 mars, le tribunal a statué sur le cas de ces prévenus,  leur donnant un délai de  10 jours pour comparaître à partir de cette date.  Sans quoi, ils  seront  jugés «par défaut », a prévenu le président  du tribunal, Seydou Ouédraogo, sans autre commentaire.


Un perturbateur  expulsé

Toute manifestation de sentiment de joie ou de mécontentement est interdite au cours des audiences. Le président de l’association des parents des victimes du coup d’Etat manqué, Boubacar Yelnongo, l’a appris à ses dépens, quand il a hué le groupe d’avocats de la défense débarrassant le plancher, suite au refus du président du tribunal de leur accorder un délai de deux mois pour  préparer la citation des témoins de leurs clients. Il a été expulsé manu militari par le service d’ordre qui veille au grain. Certains de ses camarades l’ont suivi en signe de solidarité, avant de revenir dans la salle pour  la suite de l’audience.  La loi est dure, mais elle est ainsi faite.


Quand le greffier en chef  déconne un peu

Le procureur militaire, Alioune Zanré, a été gêné lors d’une de ses réquisitions à l’audience du vendredi 30 mars, par une interférence de micro, avant de s’apercevoir que c’est le greffier en chef,  le coupable.  Celui-ci  parlait dans un des couloirs de la salle d’audience, alors que son micro était ouvert, créant donc un dédoublement de voix désagréable. Le procureur militaire  a alors intimé l’ordre  au greffier en chef d’éteindre immédiatement son micro, pour la poursuite sereine de l’audience.


Les écoutes téléphoniques entre Soro et Bassolé authentifiées

Dans l’arrêt de renvoi et de mise en accusation des accusés (un document de 196 pages), il  est mentionné que les écoutes téléphoniques entre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro et  le général Djibrill Bassolé  portant sur le coup d’Etat  ont été authentifiées  par l’expert allemand en investigation acoustique  commis à la tâche, Herman Kunzel. «Aucun trucage» n’a été relevé  par le spécialiste,  note-t-on.  Par conséquent, ces écoutes, contestées par l’ancien ministre des Affaires étrangères burkinabè, ont été retenues comme «élément de preuve » et  versées dans le dossier.


Michel Kafando non constitué partie civile

Enlevé et séquestré momentanément au sein du palais présidentiel par les putschistes, aux premières heures de leur forfait, le président de la Transition, Michel Kafando, ne s’est pas constitué partie civile dans le dossier, d’après nos informations.  Il  fait  partie des 312  victimes de ce coup de force de l’ex-RSP, qui avait échoué face à la résistance populaire.


Rassemblées par Kader Patrick KARANTAO

et Anselme KAMBIRE

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D’un procès à un autre

Certains soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), déjà condamnés dans l’affaire de l’attaque de la poudrière de Yimdi en avril 2017, se retrouvent encore dans le box des accusés au procès du putsch manqué. C’est le cas du  sergent-chef, Ali Sanou, qui avait joué le rôle du cerveau dans l’attaque du dépôt d’armes et avait écopé de 17 ans de prison  ferme. Dans le dossier du coup d’Etat avorté, cinq chefs d’accusation pèsent  sur ce militaire : complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre, coups et blessures aggravée, incitation à commettre des actes contraires au règlement et à la discipline militaire.


Ces accusés qui risquent un jugement par défaut

Depuis le début du procès,  9 prévenus n’ont pas encore comparu devant le tribunal militaire, car  étant en fuite dans d’autres pays. Il s’agit, entre autres, du colonel Mahamadi Deka, de René Emile Kaboré et de l’épouse du général Gilbert Diendéré, qui serait au Togo selon certaines sources. A l’audience du vendredi 30 mars, le tribunal a statué sur le cas de ces prévenus,  leur donnant un délai de  10 jours pour comparaître à partir de cette date.  Sans quoi, ils  seront  jugés «par défaut », a prévenu le président  du tribunal, Seydou Ouédraogo, sans autre commentaire.


Un perturbateur  expulsé

Toute manifestation de sentiment de joie ou de mécontentement est interdite au cours des audiences. Le président de l’association des parents des victimes du coup d’Etat manqué, Boubacar Yelnongo, l’a appris à ses dépens, quand il a hué le groupe d’avocats de la défense débarrassant le plancher, suite au refus du président du tribunal de leur accorder un délai de deux mois pour  préparer la citation des témoins de leurs clients. Il a été expulsé manu militari par le service d’ordre qui veille au grain. Certains de ses camarades l’ont suivi en signe de solidarité, avant de revenir dans la salle pour  la suite de l’audience.  La loi est dure, mais elle est ainsi faite.


Quand le greffier en chef  déconne un peu

Le procureur militaire, Alioune Zanré, a été gêné lors d’une de ses réquisitions à l’audience du vendredi 30 mars, par une interférence de micro, avant de s’apercevoir que c’est le greffier en chef,  le coupable.  Celui-ci  parlait dans un des couloirs de la salle d’audience, alors que son micro était ouvert, créant donc un dédoublement de voix désagréable. Le procureur militaire  a alors intimé l’ordre  au greffier en chef d’éteindre immédiatement son micro, pour la poursuite sereine de l’audience.


Les écoutes téléphoniques entre Soro et Bassolé authentifiées

Dans l’arrêt de renvoi et de mise en accusation des accusés (un document de 196 pages), il  est mentionné que les écoutes téléphoniques entre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro et  le général Djibrill Bassolé  portant sur le coup d’Etat  ont été authentifiées  par l’expert allemand en investigation acoustique  commis à la tâche, Herman Kunzel. «Aucun trucage» n’a été relevé  par le spécialiste,  note-t-on.  Par conséquent, ces écoutes, contestées par l’ancien ministre des Affaires étrangères burkinabè, ont été retenues comme «élément de preuve » et  versées dans le dossier.


Michel Kafando non constitué partie civile

Enlevé et séquestré momentanément au sein du palais présidentiel par les putschistes, aux premières heures de leur forfait, le président de la Transition, Michel Kafando, ne s’est pas constitué partie civile dans le dossier, d’après nos informations.  Il  fait  partie des 312  victimes de ce coup de force de l’ex-RSP, qui avait échoué face à la résistance populaire.


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Mise à jour le Lundi, 02 Avril 2018 22:08
 

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