Dr Amor Toumi: En Afrique subsaharienne, un médicament sur quatre est contrefait PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sidwaya   
Vendredi, 11 Mars 2016 10:08

En marge du 4e salon Tunisia Health Expo, le Dr Amor Toumi,   ancien directeur de la pharmacie et du médicament de Tunisie a  animé un panel sur le thème : « Les moyens de lutte contre les contrefaçons : les médicaments humains et vétérinaires », le 2 mars 2016. La consommation des médicaments prohibés inquiète les pharmaciens de l’Afrique. Réunis à Tunis dans le cadre du 4e salon Tunisia Health Expo et de la 13e assemblée générale de l’Association africaine des centrales d’achats de médicaments essentiels (ACAME), ils ont décidé de trouver des solutions idoines pour lutter contre la contrefaçon dans l’industrie pharmaceutique.

C’est dans cette optique que le Dr Amor Toumi,   ancien directeur de la pharmacie et du médicament de Tunisie a  animé un panel sur le thème : « Les moyens de lutte contre les contrefaçons : les médicaments humains et vétérinaires ». Il a fait savoir qu’un médicament contrefait est un produit qui a été délibérément ou frauduleusement mal étiqueté. Et la contrefaçon peut s’appliquer aussi bien aux produits de marque qu’aux produits génériques. Pour lui, les produits contrefaits incluent ceux contenant des ingrédients corrects ou différents ainsi que ceux ne contenant pas de principe actif ou des principes actifs en quantité incorrecte et ceux ayant un faux conditionnement, a-t-il revelé. De ce fait, il constitue un problème de santé publique. En Afrique subsaharienne, a confié l’ancien fonctionnaire de l’OMS, un médicament sur quatre est contrefait. A cause de l’hénobarbital cpé 30mg contrefait, 63% des malades ont vu la fréquence des crises convulsives augmenter en   Guinée Bissau 2013, en  2014, à   Ebony state- Izzi  au Nigeria, 88% des malades ont eu des crises convulsives plus fréquentes avec deux décès… Mais, il a été impossible de connaître le fabricant ou le distributeur de ces produits à cause des fausses adresses sur les flacons des médicaments. « Au monde, 700 000 personnes meurent par an à cause des médicaments contrefaits », a-t-il affirmé. Selon les services de la police, des crimes économiques de Jinhua, en Chine, un agent de nettoyage pouvait toucher 1 500 yuans (240 dollars) pour un package complet de médicament contrefait traitant le cancer du sein (avec le flacon, les instructions et les labels d’authenticité), et 1 200 yuans (190 dollars) pour un médicament traitant le cancer des ganglions, a expliqué M. Timou. « La plupart des médicaments contenaient de l’amidon ainsi que de la poudre de blé », a déploré l’ancien fonctionnaire de l’OMS. En Chine 2008, de la mélamine a été ajoutée au   lait pour bébé.

 

 

113 MILLIONS de médicaments saisis

Selon ses dires, cet acte a occasionné plusieurs morts et des dizaines de milliers d’accidents rénaux. Il a ajouté que l’opération Biyela 2, menée dans 14 pays africains (Afrique du Sud, Angola, Bénin, Cameroun, République Démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Ghana, Kenya, Mozambique, Namibie, Sénégal, Tanzanie et Togo) a permis d’intercepter 113 MILLIONS de médicaments entre le 26 mai et le 4 juin 2013  «Dans les 15 ports maritimes ciblés, 290 conteneurs ont été contrôlés, 122 comportaient des produits pharmaceutiques illicites et/ou contrefaits », a soutenu Amor Timou. Qu’est-ce qui rend la contrefaçon possible? A cette question, il a fait savoir que plusieurs facteurs favorisent la contrefaçon. Il a cité, entre autres, le contrôle inadéquat en matière de fabrication ou de délocalisation de certaines opérations, l’importation parallèle non règlementée et l’absence de contrôle à l’exportation des médicaments, la pauvreté et l’analphabétisme. Pour contrer le phénomène, il a préconisé aux Etats des actions conjointes entre la police, la justice et la douane tout en développant des coopérations à l’échelle régionale. « Les Etats doivent participer autant que possible aux actions internationales », a-t-il    souhaité    l’ancien directeur de la pharmacie et du médicament de Tunisie. Déjà a-t-il indiqué, les organismes internationaux œuvrent pour éradiquer le phénomène. En témoigne la convention « médicrime », adoptée en 2010 par le Conseil de l’Europe. Cette dernière est un instrument juridique qui criminalise la contrefaçon mais aussi la fabrication et la distribution de produits médicaux mis sur le marché sans autorisation ou en violation des normes de sécurité.

 

Abdel Aziz NABALOUM

De retour de Tunis

Sidwaya

 

Mise à jour le Vendredi, 11 Mars 2016 10:17
 

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