Crise à la CAMEG:Si rien n’est fait, tout le monde en pâtira PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sidwaya   
Lundi, 24 Octobre 2016 08:04

Le directeur général de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux (CAMEG), Jean Chrysostome Kadéba, a animé une conférence de presse, le vendredi 21 octobre 2016, à Tengandogo. Il a rassuré du « bon fonctionnement » de la structure malgré la crise qu’elle vit.

«Tout va pour le mieux » à la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux (CAMEG). C’est l’assurance que son directeur général, Dr Jean Chrysostome Kadéba, a apportée aux journalistes, le vendredi 21 octobre 2016, sur le site de la centrale à Tengandogo. Les statuts de la CAMEG restent inchangés jusqu’à ce jour et seul le conseil d’administration à la majorité des 2/3 des membres présents est habilité à les modifier, aux dires du DG. Elle demeure donc, une « association à but non lucratif dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière » et les mandats des administrateurs de 3 ans, renouvelable une fois depuis 2000. Dr Kadéba a dit être conscient des « insuffisances » des textes régissant la centrale, d’où son engagement, depuis 2014, à les mettre à jour. Les  nominations au poste d’administrateurs ne relèvent pas de la compétence du conseil des ministres. « Nous ne disposons que de correspondances de désignation ou de renouvellement de mandat d’administrateurs », a précisé Jean Chrysostome Kadéba. Pour lui, le Burkina doit être fier de la CAMEG, qui est un modèle en Afrique et qui engrange des « résultats positifs ». De ses confidences, la centrale fait « régulièrement l’objet d’inspection » par trois organes de certification. « Malgré une situation un peu difficile, la CAMEG fonctionne bien, avec des réalisations budgétaires assez importantes. (…) Elle n’est pas en faillite », a ajouté Dr Jean Chrysostome Kadéba. En 2015, elle a réalisé un bénéfice de  plus de 1 700 000 000 de F CFA. « C’est notre meilleur résultat durant les dix dernières années », s’est-il réjoui. Le directeur général a reconnu l’existence des poches de rupture de consommables médicaux et les « difficultés de trésorerie », surtout que les comptes Trésor de la CAMEG étaient bloqués. Mais, le DG a dû envoyer une correspondance pour expliquer au Trésor public les conséquences de cet acte. « Cela pouvait avoir des conséquences graves, tout simplement parce qu’on veut asphyxier la CAMEG.  Si on n’a pas de fonds, on ne peut pas payer les fournisseurs, et nous ne serons pas dotés en médicaments », a-t-il laissé entendre.

 

 

« L’Etat nous doit 11 milliards de F CFA »

Aujourd’hui, ce problème relève du passé, car les virements continuent, même si des formations sanitaires connaissent une certaine lenteur. « Si nous faisons le point, l’Etat et ses démembrements nous doivent environs 11 milliards de F CFA. L’hôpital Yalgado particulièrement, nous doit 1,4 milliard de F CFA. Mais nous leur livrons tout en négociant », a confié Dr Jean Chrysostome Kadéba. Les échanges avec les journalistes ont également porté sur le passage à la société d’Etat de la CAMEG, proposé par le président de l’Assemblée nationale, Salifou Diallo. Selon le DG, cette solution n’est pas la « bonne ». Techniquement, il a émis des réserves. Transformer la CAMEG en société d’Etat, suppose liquider l’association, a-t-il argué. Et Dr Kadéba a la certitude qu’il y aura un blocage, surtout en termes de procédures. Une fois la mesure décrétée, même si elle n’est pas appliquée, le DG de la CAMEG est convaincu qu’aucun fournisseur ne fera démarrer un conteneur de médicaments à destination du Burkina. Pour lui, la crise qui sévit à la centrale du Burkina perturbe toute l’Afrique et si rien n’est fait pour contenir ses effets le plus rapidement possible, tout le monde en pâtira. D’ailleurs, cette proposition inquiète les partenaires techniques et financiers du « pays des Hommes intègres » en manière de santé. Le directeur général de la CAMEG a dit les avoir rencontrés afin de les rassurer. Sur les dossiers en justice, il a dit espérer que le droit sera dit. « Nous avons foi et confiance à notre justice… Si sa décision s’impose à moi, je me sentirai obligé de la respecter », a déclaré Dr Jean Chrysostome Kadéba. En attendant, a-t-il dit, il est le maître des lieux et le personnel travaille et ses instructions sont suivies à la lettre. Sur le terrain, « il n’y a pas de bicéphalisme », selon les propos du DG. Toutefois, il a demandé à ce qu’une issue soit trouvée à la crise. Dans la mesure où la CAMEG a un rôle important dans le dispositif de mise en œuvre de la gratuité des soins au profit des enfants de moins de 5 ans et des femmes.

 

Djakaridia SIRIBIE

Sidwaya

Mise à jour le Lundi, 24 Octobre 2016 08:11
 

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