Crise à Yalgado : Les soins intensifs de Dr Thiéba Imprimer
Écrit par L'Observateur paalga   
Mercredi, 07 Juin 2017 07:44

Le Centre hospitalier universitaire Yalgado ne fonctionne pas bien : agression de trois agents de santé, arrêt du travail pour exiger l’arrestation des agresseurs. Outre cela, le fleuron d’antan est délaissé et sombre dans la vétusté.  C’est dans ce contexte que le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a effectué une visite des services d’urgences médicales, pédiatrique, de l’imagerie, du centre de dialyse le 6 juin 2017.

Une tournée qui a permis à Paul Kaba Thiéba de se rendre compte que les choses ne sont plus au beau fixe dans l’hôpital de référence et de dernier recours.  Il a mis à profit cette visite pour désamorcer la crise qui couvait depuis l’agression de trois agents.

 

Matinée on ne peut plus chargée pour Paul Kaba Thiéba ce mardi 6 juin 2017.

A 6 heures 58 sonnantes à l’hôpital Yalgado, certains accompagnateurs ne s’étaient pas encore levés de leurs couchettes de fortune. C’est à moment que Paul Kaba, accompagné par le ministre de la Santé, Nicolas Méda, et de son homologue de l’Action sociale, Laure Zongo, arrivent.

La délégation ministérielle est accueillie devant le service d’urgence médicale de Yalgado. C’est une sortie inopinée, mais qui a ameuté les hommes de médias. Cette visite vise à voir les conditions de travail et de vie dans lesquelles les patients sont soignés.

La ronde va concerner les services d’urgences médicale et  pédiatrique, d’imagerie médicale, le centre de dialyse et des urgences traumatologiques. Aux urgences médicales, le Dr Sambo Bonkoungou a expliqué au chef du gouvernement que ce service est un lieu  de transit.

«Les patients admis ici doivent être transférés dans d’autres services de l’hôpital. Mais faute de places, de lits, ils ne peuvent l’être. C’est ce qui explique la présence des patients dans les couloirs et couchés à même le sol. Il y a aussi  le fait que tout le monde veuille se soigner à Yalgado sans y être référé», ajoute Dr Bonkoungou.

De là le Premier ministre va poursuivre sa tournée, bavardant parfois avec des patients ou interrogeant des médecins sur des sujets divers. C’est une immersion qui a permis à Paul Kaba Thiéba de savoir que l’hôpital de référence et dernier recours n’est plus au top.

«Nous avons constaté qu’il ne répond plus aux besoins des populations. Nous avons vu les conditions dans lesquelles ils travaillent et nous pensons qu’il faut des réponses d’urgence », a-t-il déclaré. Ce sentiment est partagé par le directeur général de l’hôpital Yalgado, Robert Sangaré, qui affirme que depuis un certain temps le personnel a le sentiment que l’hôpital Yalgado est délaissé.

Afin de le remettre Yalgado dans son lustre d’antan, Paul Kaba a promis sa rénovation et son équipement en matériel et infrastructures.

 

Les prescriptions du docteur Thiéba

Cette visite intervient au lendemain de l’agression des trois agents et au moment où les agents observent un arrêt  de travail de 24 heures en guise de protestation. Le Premier ministre a donc mis à profit cette sortie pour échanger avec les travailleurs à qui il promet «la tolérance zéro» aux agressions. «Nul n’a le droit de se faire justice soi-même. Justice sera rendue dans toute sa rigueur», soutient le PM. Pour désamorcer la crise, Paul Kaba Thiéba a donné des instructions fermes pour que la sécurité des personnes et des biens à l’intérieur de l’hôpital soit garantie. En sus il a assuré les frondeurs que le dossier de l’agression serait bien diligenté et que les coupables vont répondre de leurs actes. Voilà la prescription du « Docteur » Thiéba qui a déjà des effets sur le terrain : en effet, le SG adjoint du SYNTSHA, K. Modeste Méda, a annoncé l’arrêt du mouvement et la reprise du travail, car, dit-il, « nous ne partons pas en grève de gaieté de cœur. Si des engagements sont pris, il n’y a pas de raison que nous continuons la grève». Les travailleurs ont foi que ces promesses seront tenues.

Concernant la sécurité agents, Robert Sangaré affiche une colère noire contre certains usagers des services publics : « C’est devenu un phénomène de mode de frapper un fonctionnaire dans son service. Chacun pense qu’il peut se le permettre parce qu’il n’y aura rien. Il faut des messages forts de la part des autorités et de la justice pour que les agressions s’arrêtent », a-t-il affirmé. Il a estimé regrettable la mort du jeune homme, qui a dépassé la vingtaine et qui a fait un accident par télescopage. «Quand il est arrivé, son pronostic vital était engagé puisque son cerveau était dehors. C’est regrettable », a précisé Sangaré.

 

Lévi Constantin Konfé

L'Observateur paalga

Mise à jour le Mercredi, 07 Juin 2017 07:51