Ce quinté ne serait pas de François Compaoré PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur paalga   
Vendredi, 20 Février 2015 07:10

Cher Wambi, Ils l’ont réclamé à cor et à cri ; et ils l’ont enfin eu, leur président qui, depuis les événements d’octobre 2014, n’avait pas encore foulé leur sol. Oui, depuis le mardi 17 février dernier, Michel Kafando, avec son gouvernement au grand complet, séjourne dans la ville de Sya pour quelque 96 heures. Dans l’agenda présidentiel, cher cousin, une excursion sur le site du barrage de Samandéni et une inspection de la minoterie du Faso à Banfora, en passant par la tenue de l’hebdomadaire conseil des ministres, la visite d’unités industrielles dont la SOFITEX, la CITEC et la SOSUCO ; un séjour qui n’est pas sans impact sur la capitale du Houet, à entendre les mille et une promesses présidentielles.

Bien vrai, cher Wambi, que promesses de grands n’engagent que ceux qui y croient, mais l’on peut se réjouir du fait que le premier Burkinabè ait pu toucher du doigt la réalité du grenier du Faso, et pourquoi pas rêver d’une résurrection prochaine de notre capitale économique que d’aucuns disent abandonnée à elle-même.

En attendant cher cousin, si j’ai été impressionné comme tant d’autres Burkinabè par l’important cortège présidentiel qui s’est ébranlé de Ouagadougou vers Bobo-Dioulasso, je reste interdit face aux risques pris par la Sécurité de l’Etat.

Car d’habitude, et selon les convenances protocolaires, le Premier ministre et les autres membres du gouvernement devancent le président du Faso à de tels rendez-vous pour lui accorder un accueil digne de son rang.

Cette fois-ci, ils étaient tous ensemble, prenant même le bain de foule ensemble aux différentes escales.

D’accord que le Burkina demeure un pays sûr, mais que se serait-il passé si le moindre incident survenait pendant le trajet ?

Last but not least, à l’âge des griots et des griottes, cela n’aurait-il pas pu froisser la susceptibilité de l’un ou de l’autre ?

Un mot, un slogan, une ovation de trop ou mal venus et le crime de lèse-majesté est vite arrivé. En tous les cas, et disons-le haut et fort, qu’à l’avenir, l’on évite de mettre tous nos œufs dans le même panier, car sait-on jamais !

Messieurs du Protocole, vous êtes, vous aussi, interpellés.

Peut-être l’as-tu déjà appris, cher Wambi, cette bonne nouvelle pour le pays dit des Hommes intègres qui vient d’inscrire son nom en lettres d’or au tableau du respect de la liberté de presse :

selon l’ONG Reporters sans Frontières (RSF), qui vient de publier son rapport 2015 sur l’état de la liberté de la presse dans le monde, le Burkina Faso se hisse au premier rang des pays de l’Afrique francophone, et se classe 46e au niveau mondial comme en 2013 et en 2012.

Comment ne pas s’autocongratuler pour cette performance, et se donner davantage la main pour préserver ce noble acquis pour ravir la vedette au duo Namibie-Ghana, classés respectivement 1er et 2e au niveau africain, et 17e et 22e au niveau mondial ?

A observer la transition politique qui se mène au pays dit des hommes intègres, l’on ne saurait hésiter à faire la relation avec la période révolutionnaire des années 80 où le compte-rendu des conseils des ministres était la hantise des fonctionnaires sur qui planait en permanence le spectre du licenciement ou de la suspension.

Il fallait réinventer la roue, et les révolutionnaires d’antan n’y sont pas allés de main morte.

Aujourd’hui, un vent nouveau souffle sur le Faso où l’on assiste, depuis le changement de régime, à une valse des fonctionnaires, toutes catégories confondues. Mais déjà au ministère de la Communication chargé des Relations avec le Conseil national de Transition, l’on ne cesse de s’interroger.

Où caser ce régiment de journalistes et de communicateurs tombés en disgrâce depuis l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre ?

Embouteillage à la Com. c’est en tout cas ce qui se dessine à l’horizon, à la lumière des comptes-rendus des conseils des ministres qui semblent prêcher pour du sang neuf dans la communication d’Etat.

Pas plus tard que la semaine dernière, cher cousin, je te faisais la confidence du quinté de François Compaoré, depuis son exil béninois, pour la présidentielle du 11 octobre 2015. Lequel quinté faisait respectivement d’Arthur Kafando, du Gal Gilbert Diendéré, de Kadré Désiré Ouédraogo, de Soungalo Apollinaire Ouattara et Paramanga Ernest Yonli ses favoris pour les candidatures de son parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), au scrutin du 11 octobre.

Eh bien, depuis Cotonou, François Compaoré himself s’est fait entendre et, selon ceux qui sont dans le secret des dieux, il ne serait mêlé ni de près ni de loin à une telle liste, devoir de réserve oblige pour l’exilé qu’il est, et préoccupé de nos jours par la santé précaire d’un de ses enfants.

Mon tuyau était-il donc percé ?

L’avenir nous le dira.

Mais en attendant, voyons ce que nous réserve cette semaine le carnet secret de Tipoko l’Intrigante.

 

- Après des mois de léthargie suite aux événements d'octobre 2014, l'Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) repart au contact de ses militants. Ce sera ce week-end, respectivement le samedi à Bama et le dimanche à Hamélé à partir de 10 heures. Il s'agira d'abord de faire, avec les représentants départementaux, un tour d'horizon de la vie du parti et d'échanger autour des questions d'actualité. Une approche expérimentée ces dernières années par Me Hermann Yaméogo et les siens.

 

- Le personnel administratif contractuel de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) ne serait pas du tout content de la situation qu'il vit depuis 2002. Non seulement depuis ce temps ces agents, une quarantaine, ne sont toujours pas intégrés à la Fonction publique comme ils l'ont toujours demandé, mais certains de leurs traitements comme les perdiems électoraux subiraient une stagnation alors que ceux des commissaires et d'autres démembrements auraient connu une hausse depuis 2012. Ajoutée à cela, la grogne des chauffeurs qui seraient délaissés au profit de conducteurs externes pour des missions dans les provinces. Les plaignants, pour la recherche de solution au regard des échéances électorales (octobre c'est dans quelques petits mois), ont dû taper à la porte du Premier ministre de la Transition, Isaac Zida. Seront-ils entendus ? Attendons de voir, vu les enjeux.

 

- L'inafec (Institut africain des études cinématographiques), sis à Gounghin-Nord, se meurt. Il suffit de faire un tour dans cet établissement qui faisait la fierté de notre pays au-delà de ses frontières pour s'en convaincre : murs délabrés, bâtiments décrépis. En sus, et pour ne pas arranger la situation, des fonctionnaires grossissent la masse salariale en se faisant pointer parallèlement comme vacataires. En tout cas, à cette allure, si rien n'est fait à brève échéance, l'institution mourra d'une belle mort provoquée.

 

- Docteur Salifou Ouédraogo, «l’homme de l’année 2014». L’ancien ministre de l’Environnement et du Développement durable, pour avoir réussi l’élaboration et l’adoption de la loi n°017-2014/AN portant interdiction de la production, de l’importation, de la commercialisation et de la distribution des emballages et sachets plastiques non biodégradables, est distingué par Radio Salankoloto. La cérémonie de remise de diplôme est prévue pour ce vendredi 20 février 2015 à 17 heures dans la salle du CENASA.

 

- Grande mobilisation en perspective ce dimanche 22 février à Saagkuilga. Le Comité diocésain d’organisation du pèlerinage marial de Tempelga y prévoit sa rencontre annuelle. Ce pèlerinage se tient au nom de Mgr Gabriel Sayaogo, évêque de Manga. La messe sera présidée par le Cardinal Philippe Ouédraogo. Le programme de la journée se présente comme suit :

 

8h 30 : chapelet

9h 00 : messe solennelle

12h 00 : adoration du Saint-Sacrement

13h 00 : fin du pèlerinage.

 

- L'Ecole doctorale des lettres, sciences humaines et communication (ED/LE.SH.CO) de l’université de Ouagadougou vient de publier un ouvrage collectif. Il s’agit d’un numéro spécial des Cahiers du CERLESHS de février 2014 intitulé : «Les crises en Afrique de l’Ouest». Treize auteurs y apportent leurs regards sur les différentes crises dans la sous-région à travers le prisme de la littérature, de la communication, de la philosophie et de la sociologie.

 

Tipoko l'Intrigante n'apprend rien d'elle-même, elle n'invente jamais rien. Tipoko l'Intrigante est un non-être. Elle n'est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l'intuition c'est la faculté qu'a une femme d'être sûre d'une chose sans en avoir la certitude..."

 

Ainsi va la vie.

Au revoir.

Ton cousin

Passek Taalé.

L'Observateur paalga

Mise à jour le Vendredi, 20 Février 2015 07:22
 

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