FESPACO 25e édition : Ça tourne depuis samedi PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur paalga   
Lundi, 27 Février 2017 11:23

La 25e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) est en marche. Thème retenu : « Formation et métiers du cinéma et de l’audiovisuel ». Cette manifestation de grande renommée, comme prévu, a officiellement ouvert ses portes le samedi 25 février 2017 au stade municipal Dr Issoufou Joseph Conombo. L’ouverture a connu la présence effective du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré ; celle de Maurice Kouakou Bandaman, ministre de la Culture et de la Francophonie de la Côte d’Ivoire, pays invité d’honneur, entre autres personnalités. Elle a été marquée d’une touche culturelle et artistique toute particulière, dont le concert en live de la star internationale du reggae, Alpha Blondy.

L’après-midi du samedi dernier, les alentours du stade municipal de Ouagadougou grouillaient de monde plus que d’habitude. Normal, puisque c’est là que sur le coup de 16 h devait se tenir la grand-messe inaugurale de la fête du 7e art africain, le FESPACO 2017. A l’intérieur du temple du sport, l’organisation s’activait pour que l’évènement tienne toutes ses promesses.

 

Le public prenait déjà d’assaut les gradins parce qu’avant l’heure indiquée de l’ouverture officielle de la manifestation, il aurait droit à la prestation d’une belle brochette d’artistes d’ici et d’ailleurs triés sur le volet pour le gratifier d’une animation bien relevée. Situation oblige, un peu partout dans les environs du stade, les forces de défense et de sécurité veillaient au grain. Pour accéder à l’infrastructure sportive, il fallait naturellement montrer patte blanche.

Dès 14 heures, des troupes d’animation tenaient en haleine les festivaliers déjà présents, dont des officiels et des membres du gouvernement. Elles étaient essentiellement composées de groupes lauréats de la Semaine nationale de la culture (SNC) et d’un ensemble artistique venu tout droit du Niger voisin pour donner une couleur touarègue à l’évènement.

C’est à 16 heures tapantes, quand le Kundé d’or 2016, Dicko Fils, s’apprêtait à égailler les mélomanes avec sa voix envoûtante que le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, est arrivé sur les lieux de la manifestation. Après l’exécution de l’hymne national, pouvait être déroulé le programme de la soirée. Parade des masques et arts de la rue, montée sur scène de la ravissante Awa Sissao ont constitué le plat d’entrée avant la série des allocutions de circonstance.

 

Bâtir nos richesses sur nos différences

A tout seigneur tout honneur, c’est au maire de la ville hôte, Armand Roland Pierre Béouindé, qu’est revenu la charge de s’adresser le premier à l’assistance. Pour lui, le FESPACO depuis sa création a fait rêver plus d’un et drainer des millions de festivaliers dans la belle capitale burkinabè. Le passé, a reconnu l’édile de la capitale, a donné à Ouagadougou et à son festival son animation des grands jours. C’est à juste titre que les Ouagavillois depuis toujours se l’approprient. Il a invité les uns et les autres à profiter du rendez-vous culturel qu’est le FESPACO pour réaffirmer leur engagement contre l’extrémisme de tout bord, la radicalisation des jeunes ainsi que le terrorisme. A son avis, il est nécessaire de s’engager dans un processus de culture de la paix par le renforcement du dialogue interculturel, interethnique et interreligieux. Les différences doivent constituer une richesse pour les nations, a-t-il conclu.

Lui succédant à la tribune, le président du comité d’organisation, Stanislas Méda, est largement revenu sur les grands axes de la présente édition du Festival, en appelant les Burkinabè et les festivaliers étrangers à une pleine participation. Il a fait un clin d’œil à tous ceux qui ont rendu possible la 25e fête du cinéma africain, non sans s’excuser pour les éventuelles imperfections qui viendraient à être constatées.

Chef de la délégation ivoirienne, forte de 300 personnes, Maurice Kouakou Bandaman, ministre de la Culture et de la Francophonie, accompagné de son collègue de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, et d’un représentant de celui de la Communication et du Tourisme, a transmis au Président du Faso les meilleurs compliments et la fraternité de son homologue Alassane Ouattara. Il a en outre traduit sa reconnaissance personnelle à son frère burkinabè en charge de la Culture pour la qualité exemplaire et l’engagement avec lequel il porte la coopération culturelle et touristique ivoiro-burkinabè dans le cadre de la mise en œuvre du Traité d’amitié et de coopération (TAC) dont les deux pays ont convenu en 2008. La Côte d’Ivoire se réjouit d’avoir été choisie comme pays invité d’honneur du 25e FESPACO. Le ministre Bandaman a rappelé que les Ivoiriens participent au Festival avec en tout treize films dont deux longs métrages en compétition pour l’Etalon d’or de Yennenga : il s’agit de «L’interprète» et d’«Innocent malgré tout».

 

Le cinéma pour consolider la culture africaine

Pour avoir pris une part active à la production du film d’Apolline Traoré intitulé «Frontières», la Côte d’Ivoire, a souligné le ministre, éprouve une légitime fierté de contribuer ainsi au renforcement de la coopération culturelle en faveur du cinéma ivoiro-burkinabè. Pour la présente édition du FESPACO, le village «Akwaba», véritable offre cinématographique, culturelle et touristique, s’ouvre aux festivaliers pour des découvertes inouïes. Pour conclure, le ministre ivoirien a confirmé la participation effective du Président Alassane Ouattara à la cérémonie officielle de clôture de la biennale de Ouagadougou le 4 mars prochain.

Le ministre burkinabè de la Culture, des Arts et du Tourisme, Tahirou Barry, après ses mots de bienvenue aux festivaliers, son développement sur le thème du Festival, a souhaité que la présente édition du FESPACO soit celle de la vérité et du sursaut. Les réflexions à mener autour de la thématique devraient pouvoir permettre de repositionner la formation au cœur de l’industrie cinématographique à l’heure des nouvelles technologies. Pour continuer à exister, le cinéma africain, a indiqué le ministre Barry, doit sans cesse se remettre en cause, se professionnaliser et rechercher les fondements de son autofinancement grâce aux nécessaires mesures structurelles des pouvoir publics. Les fils du continent, a-t-il ajouté, doivent être fiers de présenter un film simplement africain, cela pour ne pas perdre leurs repères et leur âme. Il leur faut des réalisations qui s’appuient sur ce que l’Afrique a de plus riche dans son patrimoine culturel pour, intéresser non seulement leurs frères africains, mais aussi les acteurs des autres civilisations.

Après le clap d’ouverture, donné par le chef de l’Etat en personne, interviendra le concert de la mégastar ivoirienne, Alpha Blondy. Un concert gracieusement offert par les autorités de la Côte d’Ivoire et qui a permis à Jagger de revisiter pour le bonheur de ses nombreux fans une partie de son prestigieux répertoire musical.

 

D Evariste Ouédraogo


Vu et entendu au stade municipal

 

Les gradins ont eu du mal à se remplir

 

Malgré l’accès libre à la cérémonie d’ouverture du 25e FESPACO, une bonne partie des gradins du stade municipal est restée désespérément vide au début de la manifestation. Le soleil et surtout la situation sécuritaire expliquent certainement cette occupation tardive des places assises dans les tribunes.

 

«Ponctuel» comme une horloge suisse

C’est bien connu, la ponctualité n’est pas la chose la mieux partagée par les Burkinabè. Certains responsables se font même parfois attendre pendant longtemps lors de cérémonies pourtant programmées avec un chronogramme bien précis.

Heureuse surprise ! Au lancement du FESPACO 2017, le chef de l’Etat est arrivé sur les lieux de l’évènement avec quelques petites minutes d’avance. Le temps d’observer le salut aux couleurs nationales et le voilà dans l’enceinte du stade, exactement à 16 heures 00. Un exemple que nombre de citoyens devraient désormais intégrer dans leur quotidien.

 

Les 100 m plat de Tahirou Barry

Annoncé pour prendre la parole au podium dressé à cet effet et situé à une bonne distance de la loge officielle, le ministre en charge de la Culture, Tahirou Barry, a préféré en lieu et place de petites foulées sur le tapis rouge qui y conduit faire 100 m plat. Une manière sans doute pour lui de gagner quelques minutes sur le timing et de prouver aux yeux de tous qu’il a de la vivacité dans les jambes. Cela a provoqué l’hilarité générale et des ovations nourries du public.

 

Un hommage à Ouaga en chanson

Alpha Blondy a spécialement composé un morceau dédié à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso ; une chanson que ses nombreux fans ont fredonnée et au rythme de laquelle ils ont esquissé des pas de danse. On ne sera pas étonné d’entendre d’ici là ladite chanson sur les portables, puisque des «pirates» l’ont bien enregistrée sans ménagement.

 

Pas de coulisses pour les artistes nationaux

Plusieurs artistes nationaux étaient très remontés contre les organisateurs, qui n’ont pas du tout songé à leur réserver des coulisses où attendre le moment de leur prestation. Il n’y avait pas non plus de places où s’asseoir pour eux, ni de l’eau pour étancher leur soif. Toutes ses commodités étaient plutôt à la disposition d’Alpha Blondy et de son groupe, le Solar système, principale attraction de la soirée.

 

Roch rompt une tradition de 18 ans

En prenant personnellement part à l’ouverture officielle du FESPACO 2017, le chef de l’Etat met fin à une tradition tacitement instituée depuis 1999, à savoir l’absence du premier des Burkinabè à la cérémonie de lancement de la fête du 7e art africain.

 

La contribution financière de la Côte d’Ivoire

Pour l’organisation de la présente édition du Festival, le pays invité d’honneur, la Côte d’Ivoire, a offert au Burkina Faso la coquette somme de 50 millions de francs CFA ; un geste salué à sa juste valeur par le ministre Tahirou Barry dans son discours.

 

Rassemblés par D. E. O.

L'Observateur paalga

 

Mise à jour le Lundi, 27 Février 2017 11:35
 

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