Lac Bam: la plus grande retenue naturelle d’eau en restauration PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sidwaya   
Mercredi, 08 Mars 2017 16:08

Le président du Faso, Roch Marc Christian,  a lancé officiellement le Projet de restauration, de protection et de valorisation du lac Bam (PRPV/LB), le vendredi 3 mars 2017,  à Kongoussi, dans la région du Centre-Nord.

Dans son programme politique,  le président du Faso, Roch Marc Christian,  avait pris l’engagement de finaliser les études de faisabilité du recalibrage du lit mineur du fleuve Nakanbé et  de restaurer des ouvrages hydrauliques majeurs tels le lac Bam, le lac Dem et le lac de Boursanga. C’est pour matérialiser cette  volonté que le chef de l’Etat a lancé officiellement la première phase du Projet de restauration, de protection et de valorisation du lac Bam (PRPV/LB), le 3 mars 2017 à Kongoussi,  dans la région du Centre-Nord. Pour le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Niouga Ambroise Ouédraogo, cet engagement tient une place de choix dans le Plan national de développement économique et social (PNDES) qui vise la transformation structurelle de l’économie du pays. Cette première phase du projet a été financée par la Banque ouest africaine de développement (BOAD) à plus de 10 milliards de F CFA. La présente phase, a expliqué le ministre, concerne le rehaussement du seuil du lac de 25 cm, suivi d’un ouvrage de franchissement et la réalisation d’une piste de désenclavement de 1,5 km ; l’aménagement de 520 ha de nouveaux périmètres et de chenaux pour permettre l’exploitation des zones exondées en saison sèche et la réalisation d’une bande de servitude pour la protection des berges du lac. Il est prévu également, a-t-il poursuivi, la réalisation de forages et de latrines communautaires, ainsi que l’appui en équipements des associations en charge de collecte des déchets solides, la construction de douze étangs piscicoles, de cinq enclos piscicoles, d’un marché de poisson et trois unités améliorées de transformation de poisson.

 

La réalisation de 250 km de pistes de bétail, dix parcs de vaccination, un magasin d’aliments pour bétail et d’un marché de bétail, l’acquisition de quatre décortiqueuses, six batteuses de riz, trois centres d’étuvage de riz, onze magasins de stockage et trois aires de séchage, l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de gestion environnementale et le renforcement des capacités des bénéficiaires font partie aussi de cette 1e phase, selon le ministre Ouédraogo. Les travaux lancés sont confiés,  pour le lot 1,  au groupement d’entreprises SONAF/SAOH/BTP pour un délai de 12 mois et pour le lot 2 à l’entreprise ECR/BTP pour un délai de 18 mois, et tous ces délais sont hors hivernage.

 

Le lac Bam, un  futur pôle de croissance

Réhabilité, le lac Bam constituera un pôle de croissance et de développement du Burkina Faso, en général et,  particulièrement de la région du Centre-Nord, s’est convaincu le ministre en charge de l’eau. «Le lac Bam est le plus grand réservoir naturel d’eau de surface au Burkina Faso. Il est pour la ville de Kongoussi, ce que le Nil est pour la ville de Caire en Egypte. Aujourd’hui son envasement est estimé à 4,8 millions de m3 et si rien n’est fait, d’ici 2082 il n’y aura point de lac Bam », a-t-il déclaré.  C’est au regard de ce danger qu’encourt cette retenue d’eau qu’il a traduit la reconnaissance du pays à la BOAD pour son accompagnement dans cet important projet.

Il a demandé aux populations impactées par le projet, la plus grande compréhension et une disponibilité car de leur comportement dépendra le succès de ce projet entamé depuis plus de dix ans. Et la gouverneure de la région du Centre-Nord, Nandy Somé/Diallo  de signifier que le lac Bam a été et reste de nos jours un facteur du développement de la province qui porte son nom. Ce, a-t-elle ajouté, en raison des données relatives à son potentiel dont les caractéristiques sont,  entre autres : une retenue d’eau permanente de plus de 41 millions de m3 avec un versant de 2610 km2, des exploitations agricoles supérieures à 1000 ha engendrant plus d’un milliard de F CFA par an et une exploitation halieutique qui est passée de 820 tonnes (t) en 1960 à environ 56 t seulement par an de nos jours. « Mais avec les dégradations pluviométriques et les sécheresses chroniques, les populations autour du lac constatent depuis une décennie la baisse vertigineuse de leur niveau de production », a mentionné Mme Somé. L’ancien chef d’Etat, Jean-Baptiste Ouédraogo, ressortissant de la province, a, pour sa part, relaté l’historique des aménagements du lac. Selon lui, l’histoire du lac Bam est intimement liée à celle de la mission catholique qui a bénéficié, en tout premier, d’autorisation d’exploitation des berges de cette retenue d’eau depuis la période coloniale. « Le lac a enregistré ses meilleurs rendements en production de haricot vert entre 1980 et 1994 », s’est-il souvenu. Le directeur du  département des opérations de la BOAD, Oumar Diarra a renchéri qu’il y a environ une décennie,  la province du Bam exportait environ 30 000 t de haricot vert mais aujourd’hui le volume est tombé à moins de 900 t.

C’est pourquoi la réalisation de ce projet est,  selon lui,  nécessaire pour assurer le désenclavement de la province et lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire

 

 

Kowoma Marc DOH

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Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré : « Nous espérons entamer la phase II avant la fin du mandat »

« Cette cérémonie pour nous est très importante parce qu’elle est la matérialisation d’un des engagements que nous avons décidé de mettre en œuvre. Ce lac représente un grand patrimoine pour le Burkina Faso aussi bien dans les quantités d’eau qu’elle devrait pouvoir stocker que dans le secteur agricole qu’elle devrait permettre de développer ; parce que dans le temps le haricot vert, la tomate, la pomme de terre se produisaient dans ce lac. En plus de cela, il y a les ressources halieutiques qui vont servir de fondements puisqu’il y avait plus de 800 t en 1960 et aujourd’hui il n’y a que  59 t. Ce qui montre bien la dégradation importante du lac et l’enjeu que nous avons de pouvoir restaurer, fertiliser et valoriser cette retenue d’eau naturelle. C’est un projet que nous avons pu concrétiser grâce au financement de la BOAD. C’est bien sûr la première phase puisque nous devons nous attaquer au fondement qui est le désensablement du lac dans la phase 2 dont les études sont en cours et les financements seront recherchés pour que nous puissions faire en sorte que le lac retrouve son lustre. Ce, pour jouer un rôle économique important pour le pays. Les populations sont très enthousiastes sur ces travaux. Nous avons bon espoir qu’avant la fin de ce mandat, nous allons continuer avec la phase 2 de ce projet ».

Sidwaya

Mise à jour le Mercredi, 08 Mars 2017 16:12
 

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