Procès Ahmed Abba : Le Parquet veut s’offrir la tête d’un journaliste PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur paalga   
Vendredi, 07 Avril 2017 08:31

C’est ce qu’on appelle sortir l’artillerie lourde. Hier, le Parquet du tribunal militaire de Yaoundé a, en effet, requis la peine de mort contre Ahmed Abba, le correspondant en laængue Haoussa de RFI au Cameroun détenu depuis son arrestation le 30 juillet 2015 à Maroua. Voilà près de 2 ans donc que le journaliste se débat contre l’Etat du Cameroun qui le poursuit pour non dénonciation d’acte de terrorisme, apologie d’acte de terrorisme et blanchiment de produit d’acte de terrorisme.

 

En clair, notre confrère est accusé de propagande djihadiste et d’intelligence avec Boko Haram qui, depuis le Nigeria voisin, a étendu ses tentacules dans le Nord-Cameroun où la secte a perpétré de nombreux attentats et enlevé des personnalités. L’incriminé qui ne faisait qu’exercer son métier dont la dangerosité est connue de tous s’est toujours défendu de pactiser avec le diable, notamment lors de la 15e audience de son procès marathon le 24 mars 2017 au cours de laquelle il a enfin pu dire sa vérité pour la première fois.

Il faut croire que son interrogatoire et son contre-interrogatoire de ce jour n’ont pas convaincu le Parquet si tant est qu’il ait cherché à être convaincu des réponses claires et précises de l’accusé. Et que dire de l’absence manifeste de preuves dans ce procès aux forts relents politiques…

Lors de la 14e audience début février, le tribunal, à la demande des avocats de la défense, avait pourtant rejeté le rapport d’expertise sur des équipements informatiques censés appartenir au prévenu, mais que ce dernier avait seulement découvert au prétoire. D’autres experts avaient du reste été désignés et un nouveau rapport commandé.

Hier, les conseils du prisonnier de Biya se sont attelés à déconstruire les arguments du Parquet, et ce, point par point.

On ne sait donc si le moment venu, cela infléchira la balance judiciaire qui semble désespérément pencher d’un seul côté.

Réponse en tout cas le 20 avril prochain, date du délibéré. D’ici là on ose espérer que les pressions tous azimuts, qu’elles soient politiques, médiatiques ou émanant des activistes des droits de l’homme feront réfléchir les autorités camerounaises qui ne gagneront rien en faisant rouler par terre la tête du pauvre Abba.

Il est vrai que le Cameroun où règne depuis 35 ans le roi fainéant du palais d’Etoudi n’est déjà pas une grande démocratie… mais quel mauvais signal il enverrait si d’aventure les juges devaient suivre le parquet dans ses réquisitions.

 

H. Marie Ouédraogo

L'Observateur paalga

Mise à jour le Vendredi, 07 Avril 2017 08:36
 

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