1er-Mai 2017 : Sous le signe du respect des engagements pris PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sidwaya   
Mardi, 02 Mai 2017 07:50

Les travailleurs burkinabè ont célébré la 131e fête du travail à travers une marche dans les artères de la capitale burkinabè, suivie d’un meeting à la Bourse du travail, le 1er-Mai 2017. Ils ont, à l’occasion, remis « le message du 1er-Mai » à la délégation gouvernementale conduite par le ministre en charge du travail, Clément Pengdwendé Sawadogo.

Plus d’un millier de travailleurs, rassemblés autour de l’Unité d’action syndicale (UAS) ont battu le pavé le 1er mai 2017 à Ouagadougou. Fanions, banderoles et pancartes reprenant des messages de revendication des six centrales syndicales et des dix sept syndicats autonomes en main, les marcheurs, la plupart arborant des tee-shirts aux effigies de leurs entreprises, sont partis de la Bourse du travail à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) où ils ont remis le message du 1er-Mai au ministre en charge du travail, Clément Pengdwendé Sawadogo. De là-bas, ils ont emprunté l’avenue des Nations pour rallier le rond-point des Nations-Unies, puis l’avenue Kwamé-N’Krumah, pour ensuite emprunter la voie jouxtant la cathédrale Notre Dame de l’Immaculé conception, d’où ils ont rejoint leur point de départ. « Mobilisation et lutte », « Pour la baisse du prix de l’huile », « Pour le respect des règles du code du travail », « Pour l’arrêt des privatisations », « Trop c’est trop », « les promesses non tenues », « les protocoles non appliquées »… étaient le lot de slogans qui faisaient écho aux bruits de pas des travailleurs syndiqués. Parmi eux, des jeunes et des femmes « mobilisés pour plus de justice sociale », mais également des travailleurs déflatés de l’ex Société de transport mixte Bangrin (STMB) et de l’hôtel Silmandé réclamant le respect de leurs droits.

 

 

Remettre à plat tout le dispositif salarial

Lorsqu’il a reçu le « cahier de doléances » de 41 points du monde syndical qui exprime les « malaises » des travailleurs, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale, Clément Pengdwendé Sawadogo a rassuré que l’ensemble des revendications contenus dans ce document sera examiné. Il s’est réjoui que ces doléances rassemblent les préoccupations de toutes les couches sociales du pays.De son avis, les problèmes des syndicats ont trouvé de nombreuses solutions avec l’avènement du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) qui a travaillé à « donner des réponses audacieuses » à leurs revendications. Le ministre a toutefois laissé entendre que les ressources du pays étant très limitées, tous les points ne pourront pas être satisfaits « tout de go ». Il y a lieu, a-t-il fait savoir, de produire plus, pour mieux organiser la répartition afin qu’elle puisse « mouiller » l’ensemble des Burkinabè. Il a aussi annoncé la mise en place « dans les toutes prochaines semaines » du Haut conseil pour le dialogue social. « De toutes les façons, le front social va s’atténuer parce que nous allons nous atteler à trouver les solutions », a-t-il ajouté. Pour ce qui concerne les travailleurs du public, le gouvernement compte remettre à plat tout le dispositif du système de rémunération de sorte à mettre fin aux injustices et créer des bases acceptables pour tous les travailleurs, foi du ministre en charge du travail. Au moment de la remise du cahier de doléances des travailleurs, le président du mois des centrales syndicales, Yamba Georges Koanda a invité, pour sa part, le gouvernement à avoir une oreille « très » attentive à ces préoccupations, afin de mettre tous les burkinabè au travail.

 

Le droit de grève menacé

Dans le document transmis à l’exécutif, l’UAS peint notamment un contexte international caractérisé par des affrontements entre puissances impérialistes pour « un nouveau partage du monde » et la montée au créneau des classes ouvrières pour défendre leurs droits démocratiques et sociaux. Sur le plan national, « le message du 1er-Mai 2017 » déplore des manœuvres visant à soustraire de gros dossiers de corruption, de détournements de fonds, de parcelles… révélés par différents rapports et audits. Aussi, note-t-elle l’ineffectivité des prix planchers des produits de première nécessité fixés par le gouvernement suite aux protestations des consommateurs par rapport au renchérissement du coût de la vie. La dégradation du climat sécuritaire, les problèmes de gouvernance (nominations de complaisance) ainsi que les promesses et engagements des autorités qui restent lettres mortes sont autant des tares contre lesquelles s’insurge le monde syndical dans son mémorandum transmis au gouvernement. D’où, « l’explosion » des luttes syndicales. Il y a donc lieu de raffermir les luttes syndicales, a-t-il souligné. Ce, d’autant plus que le pouvoir en place, à travers l’Assemblée nationale aurait entrepris de « saccager » le droit de grève à travers un projet de loi faisant fi des conventions internationales en matière de travail. Le président du mois des centrales syndicales a donc invité les sections syndicales des différentes entreprises à tenir des assemblées générales pour se mobiliser dans la perspective des mots d’ordre que viendrait à lancer l’UAS.

 

Fabé Mamadou OUATTARA

Djakaridia SIRIBIE

 


 

Quand le ministre se fait attendre

Au  niveau de la CNSS, le cordon de sécurité des manifestants, a voulu bloquer un véhicule, avant de se rendre compte qu’il s’agissait de celui du chef du département de la Fonction publique. Une fois à l’intérieur du bâtiment, le ministre  y a passé une bonne dizaine de minutes avant de venir à la rencontre des responsables syndicaux. Las d’attendre sous le soleil, des manifestants ont entonné des slogans aux allures révolutionnaires, et hostiles à l’exécutif. « C’est une attitude qui frôle le mépris, elle n’est pas à même d’instaurer un climat de confiance entre partenaires sociaux. Au moment où l’on prône le dialogue social, le respect du vis-à-vis doit être également de mise », a  commenté un travailleur.

 

D. S.

F. M. O.


 

Ces parqueurs qui ont failli gâcher fête

Après avoir remis leur « cahier de doléances » au gouvernement à la CNSS, les manifestants ont parcouru un circuit d’environ 5 km, sous un soleil ardent avant de rejoindre la Bourse du travail. A proximité du point de départ, des parqueurs ont garé les engins des militants des centrales syndicales et des syndicats autonomes. Ce qui a freiné l’élan des marcheurs. Ceux qui dirigeaient la marche ont intimé au premier parqueur de déplacer les motos afin de céder le passage. Ce dernier y a opposé un refus catégorique, poussant plusieurs jeunes à user de la force pour déplacer les engins. Les jurons du parqueur ont failli mettre le feu aux poudres n’eût été l’intervention d’un homme du 3e âge.

 

D. S.

F. M. O.


 

Aux origines de la journée internationale du travail

 

Le 1er mai 1886 à Chicago aux Etats-Unis, une grève généralisée, suivie par 400 000 salariés paralyse un nombre important d’usines. Comme d’autres travailleurs, ils réclament la journée de 8 heures de travail. Mais les patrons s’y opposent et le mouvement s’éternise jusqu’au 4 mai 1886. Lors d’une manifestation, une bombe vise les policiers, qui de leur côté ripostent. Si les manifestants obtiennent gain de cause, le bilan est lourd avec plus de dix morts. Cette journée reconnue mondialement est à la base de la norme de 8 heures de travail, reconnue dans la quasi-totalité des pays et instituée pour régir le temps de travail du secteur public. Ainsi, sans disposition réglementaire, les privés sont aussi astreints de s’y conformer. L’historique du 1er-Mai au Burkina Faso est lié à l’histoire de son mouvement syndical. La commémoration de cette journée s’est faite au gré des régimes démocratiques et d’exception, qui se sont succédé depuis l’indépendance.

 

Source : www.refletafrique.net, www.cgtburkina.org

 


Des travailleurs s’expriment

 

 

Brigitte Tindano, enseignante : «Nous ne revendiquons pas pour le plaisir». C’est une journée importante pour tout travailleur, une journée qu’il faut valoriser. Nous la célébrons sous le signe de la solidarité, de l’unité, de l’action des travailleurs. Le gouvernement doit œuvrer à améliorer la situation des travailleurs burkinabè. Nous ne revendiquons pas pour le plaisir. Toutes les revendications sont fondées, surtout celles des enseignants. Ils souffrent beaucoup et il faut reconnaitre leur mérite.

 

Souleymane Sawadogo, médecin : «Les autorités ne nous écoutent pas». C’est une sorte de mouvement de protestation. Cela est justifié parce qu’en face, les autorités ne nous écoutent pas, c’est le mépris total. Nous saluons le sens d’écoute du nouveau ministre de la Santé qui a permis de parvenir à un protocole d’accord. Nous pensons qu’avec le comité de suivi qui a été mis en place, l’ensemble des points d’accord sera respecté. Cela permettra à la structure et aux travailleurs de pouvoir repartir d’un bon pied.

 

Emmanuel Koudougou, postier : «Nous devons utiliser à bon escient les ressources dont nous disposons». Je suis là pour marquer ma solidarité avec tous les travailleurs, et exprimer ma reconnaissance à tous ceux qui se battent tous les jours pour leur avenir et pour le développement de la nation. Il y a eu beaucoup de mouvements sociaux depuis l’arrivée du régime en place, presque tous les secteurs d’activités ont été touchés. Cela témoigne du malaise qu’on peut ressentir au sein du monde du travail au Burkina. L’employeur du public qui est l’Etat a toujours promis de faire quelque chose, mais cela n’a jamais pu se concrétiser. Nous devons utiliser à bon escient les ressources dont nous disposons, et tout le monde sera satisfait.

 

D. S.

F. M. O.

Sidwaya
Mise à jour le Mardi, 02 Mai 2017 07:58
 

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De l’huile frelatée saisie

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Nestor BAKI

Sidwaya

 

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