Après la débâcle des Etalons Et si on jouait une troisième mi-temps ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur paalga   
Lundi, 09 Février 2015 07:03

L’aiguille du baromètre de la situation politique nationale s’est encore affolée samedi 7 décembre 2015. Autrement dit, la place de la Nation, ou «place de la Révolution » pour coller avec l’ère insurrectionnelle, a été le théâtre d’un rassemblement de protestation.A l’appel des organisations de la société civile, des centaines de Burkinabé, selon les uns, des milliers selon les autres, s’y sont rendus pour manifester contre le récent fait d’armes du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Et par la même occasion, exprimer leur soutien à la Transition, menacée par un groupe de militaires.

Chapeau bas donc à la société civile qui, dans son rôle de vigie politique, vient de démontrer sa détermination à accompagner de façon conséquente la Transition, fruit de sa lutte aux côtés des partis politiques.

 

Véritable coup de semonce, s’il en était donc, contre la garde présidentielle dont les contradictions internes pourrissent le processus de normalisation.

C’est vrai qu’elle vient de rentrer dans les rangs en renonçant à son exigence matricielle : la démission du Premier ministre, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, lui-même issu du RSP.

Mieux, dans une déclaration lue par son porte-parole, le capitaine Abdoulaye Dao, la garde prétorienne a tenu à assurer qu’elle « n’est pas en marge de la Transition voulue par le peuple burkinabé » et préfère parler de « décisions d’ordre organique qui ont perturbé son fonctionnement normal ». (Lire aussi page 4).

Mais plus jamais de tels comportements qui hypothèquent gravement le compromis historique né au lendemain des « Quatre Glorieuses ».

Et nous osons croire que la leçon de désapprobation généralisée a été bien assimilée et que le rétablissement de « l’ordre normal de la hiérarchie », avec la nomination du colonel-major Boureima Kiéré au poste de chef d’état-major particulier à la présidence, et celle du colonel Céleste Coulibaly comme chef de corps ont mis fin à cette guerre de commandement.

Si donc il faut se féliciter du réflexe républicain dont vient de faire montre la société civile, soutenue par la classe politique, il convient néanmoins de tirer la sonnette d’alarme face à cet autre péril qui, cette fois, monte de son sein.

Nous voulons parler ici de cette double dérive maximaliste constatée dans les déclarations publiées par voie de presse et autres discours entendus place de la Nation samedi dernier.

 

- La première.

En effet, malgré les mises en garde contre les risques d’une résolution au lance-flammes de la question RSP, des voix s’élèvent toujours pour son démantèlement ici et maintenant.

Nous ne cesserons de l’écrire, ce corps d’élite a toute sa place dans le dispositif de sécurité nationale quel que soit le parti au pouvoir. Reste seulement à repenser ses missions, son fonctionnement, sa localisation et ses effectifs.

Sur ce dernier point, la question qui se pose c’est de savoir si on a vraiment besoin de 1 300 soldats, effectif actuel du RSP, pour assurer la sécurité d’une seule personne, soit-elle le président du Faso.

Et l’annonce par la président Michel Kafando de la création d’une «Commission» pour se pencher sur cette affaire procède de cet impératif de traiter le sujet avec minutie, patience et prudence. Car ce n’est certainement pas par un coup de baguette magique que l’on dévitalisera « cette armée dans l’armée ».

 

- La seconde.

Toujours lors de la manif anti-RSP, des voix, et non des moindres, ont distillé de nouveau des appels à l’exclusion du CDP des élections à venir. Comme si ce régiment militaire était la branche armée de l’ancien parti au pouvoir. Evitons les amalgames. Ne confondons pas la poule, l’œuf avec la fiente.

De telles prédications à l’ostracisme attentent à l’esprit et à la lettre de la Charte dont le préambule prend en considération la « nécessité d’une Transition politique, démocratique, civile, apaisée et inclusive ».

Elles nous mettent également en porte-à-faux avec les attentes de la communauté internationale, des partenaires techniques et financiers et du groupe de contact sur le Burkina qui ont tous fait du caractère inclusif de la Transition une de leurs conditionnalités de l’accompagnement du processus de normalisation.

Attention aux effets pervers et insoupçonnés de ce fétichisme de virginité politique et du bouc émissaire.

Certes, les grands prêtres de cette forme d’inquisition ne manqueront pas d’arguments, tout comme ceux de l’Inquisition médiévale, pour envoyer les hérétiques de l’insurrection au bûcher.

Mais à ce petit jeu de chasse aux paroissiens de la modification de l’article 37 et à tous ceux souillés de connivence avec Blaise Compaoré, oui, à ce jeu malsain d’aseptisation de la classe politique, on finira par marquer tout le monde, ou presque, de l’étoile jaune de collaboration avec l’exilé de Yamoussoukro. Aussi bien dans la classe politique que dans le monde de la société civile, ceux qui vont y échapper ne sont pas toujours ceux qu’on croit.

Alors, recentrons les priorités, recadrons les discours pendant qu’il est encore temps.

Le CDP, en tant que force politique, quoiqu’on dise, n’est-il pas plus judicieux de l’avoir dedans que dehors ? Autrement dit, partie prenante de la Transition, l’ex-majorité est astreinte aux règles du jeu, alors qu’exclue, elle n’en répond plus, avec ce que tout cela comporte comme risques.

L’exclusion est d’autant plus pernicieuse qu’elle se nourrit d’exclusions. Après le bannissement des moutons noirs, ce sera le tour des moutons gris, blancs-sales, bancs albâtres, blancs d’argent, blancs lunaire…

Avec cette logique, y aura-t-il quelqu’un de blanc comme neige dans le landernau politique ?

La Rédaction
L'Observateur paalga

Mise à jour le Lundi, 09 Février 2015 07:13
 

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