Gernot Rohr (Sélectionneur des Etalons) : «J’aurais pu aller chercher l’argent dans le Golfe» PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur paalga   
Mercredi, 18 Mars 2015 09:13

Attendu depuis l’annonce de son recrutement par la Fédération burkinabè de football (FBF), le nouveau sélectionneur des Etalons, Gernot Rohr, est dans nos murs depuis quelques jours. Hier mardi 17 mars 2015, au cours d’une conférence de presse au siège de ladite structure à Ouaga 2000, il a été officiellement installé dans ses nouvelles fonctions. Selon lui, c’est un vrai challenge et il aurait pu, comme d’autres coaches, aller chercher l’argent dans le Golfe. En outre, il est là pour faire des résultats et ce serait une faute professionnelle de dire publiquement ou en privé qu’un joueur sera dans cette sélection quoi qu’il arrive.

L’installation de Gernot Rohr intervient vingt jours après sa nomination. Cela, apprend-on, s’explique par le fait qu’il fallait régler certains détails avant qu’il ne prenne l’avion pour rejoindre son poste. Maintenant que c’est fait, c’est un homme à l’allure joviale que nous découvrons dans la salle de réunion de la Fédération burkinabè de football (FBF).

Jetant un regard sur l’assistance, il était assis à côté du président de l’instance du football national, le colonel Sita Sangaré. Celui-ci, après le mot introductif de son chargé de communication, Gabriel Baroua, a rappelé que Gernot a été nommé après deux étapes majeures : il s’agit d’abord d’une sélection sur dossiers et ensuite d’un entretien oral. Le Franco-Allemand, a-t-il dit, est assez connu. Après avoir joué dans plusieurs clubs en Allemagne et en France, il a embrassé le métier d’entraîneur. En France où il a longtemps exercé, on retient ses passages à Nice et à Bordeaux où il a eu sous sa coupe des joueurs de renom tels que Bixente Lizarazu et Zinedine Zidane.

Comme sélectionneur national, il a fait le Gabon avec lequel il avait disputé les quarts de finale lors de la CAN 2012 coorganisée avec la Guinée Equatoriale et tout récemment le Niger. C’est donc à cet ancien footballeur qu’incombe désormais la lourde responsabilité de conduire les Etalons vers des lendemains meilleurs.

 

Une qualification pour la CAN 2017

Selon le président de la FBF, plusieurs missions ont été assignées au successeur de Paul Put, à savoir une qualification et une participation honorable à la CAN 2017 ; une qualification au Mondial 2018 et aussi le suivi et la détection de joueurs évoluant aussi bien au pays qu’à l’extérieur.

Pour Sita Sangaré, la structure qu’il dirige ne doute pas un seul instant de la capacité de Gernot Rohr à bien assumer les charges qui sont dorénavant les siennes à la tête du onze du Burkina.

Il a saisi cette occasion pour demander à la presse d’informer l’opinion publique nationale que l’entraîneur a été retenu pour la qualité de son projet pour la sélection nationale. Le bon maçon, a-t-il déclaré, se voit au pied du mur, donnons-lui donc le temps de faire ses preuves et nous ferons ensemble le bilan le moment venu.

S’adressant à Gernot Rohr, il a indiqué qu’en professionnel averti il a appris à surmonter des épreuves. Ici au Burkina, il en rencontrera sans doute, car nous avons des supporters et une presse exigeants qui aiment leur équipe et veulent la voir rivaliser avec les meilleures formations du continent.

’’Prenez leur contribution dans le bons sens. La Fédération, pour sa part, vous assure de son indéfectible soutien ’’, a-t-il ajouté.

 

La rigueur et la joie de jouer

Dès qu’il eut fini, les hommes de médias se ruèrent pour avancer leurs dictaphones du côté du sectionneur national. C’était à lui de se prêter à leurs questions après qu’on a arrêté une seule liste pour non seulement bien faire les choses, mais gagner du temps.

D’entrée de jeu, il a dit que c’est un honneur pour lui d’avoir en charge la sélection du Burkina, et les deux années qu’ils vont passer ensemble seront un travail de reconstruction. Cependant, il est conscient de la difficulté de la tâche mais il est aussi confiant que la réussite viendra au bout de l’effort.

Même si les résultats des Etalons à la CAN 2015 ne sont pas satisfaisants, il note qu’il y a de bons joueurs dans cette équipe et il reste persuadé que si ceux-ci retrouvent la confiance, la réussite sera au rendez-vous.

A la question de savoir pour quelle raison il a été retenu, il a répondu d’une façon directe et sans hésiter qu’il s’excuse de se prononcer là-dessus. Il sait tout simplement qu’il a présenté un projet dans lequel il a expliqué ce qu’il entend faire s’il est retenu. Sa longue carrière de footballeur et ses pérégrinations dans des pays où il a entraîné des équipes lui ont permis de récolter un peu d’expérience . Il pense que cela peut jouer dans les critères de choix d’une fédération quelconque pour recruter un sélectionneur. Le Franco-Allemand pense avoir gardé dans toute ses aventures une certaine simplicité et une méthode de travail qui est marquée par la discipline, le respect et la rigueur. Il ne sait pas lui-même si ce sont ces critères qui ont été pris en compte par la Fédération burkinabè de football

En tout cas, relève-t-il, bien qu’il ait obtenu la nationalité française, il lui reste une éducation germanique peut-être utile en Afrique parce qu’il constate qu’il faut de la rigueur en toute chose tout en gardant la joie de jouer.

Gernot, on le sait, a fait le Niger, et selon lui sa mission était le développement du football. Ce n’était pas forcément de gagner la CAN. En tant que voisin de ce pays, nous devons savoir au Burkina que les conditions de travail n’étaient pas faciles, mais il ne regrette pas d’avoir séjourné au Niger.

 

Anthony Koura

Le Franco-Allemand a découvert les Etalons à la faveur des éliminatoires zone Afrique de la coupe du monde 2014 au Brésil. Il se rappelle le résultat du match retour 1-0 (9 juin 2013) à Niamey après le 4-0 à Ouaga (23 mars 2013). Selon lui, cela veut dire qu’il y a un projet de jeu qui a été établi, et il a bien observé cette équipe burkinabè, laquelle ne manque pas d’atouts.

Sur quels joueurs va-t-il s’appuyer pour relancer l’équipe ? Pour Gernot, il est évident que le temps est court pour préparer les éliminatoires de la prochaine CAN qui débuteront dès le mois de juin prochain, mais ce n’est pas le moment de chambouler l’effectif qui était récemment en Guinée Equatoriale. Il compte s’appuyer sur le noyau actuel avec le concours de la direction technique pour recadrer les choses.

Avec le match amical contre le Maroc en fin mars, la liste des sélectionnés est composée en grande majorité des 23 joueurs qui ont fait la CAN. Une compétition qu’il a suivie en tant que technicien libre, et il a assisté au premier match des Etalons contre les Panthères. En toute objectivité, relate-t-il, il a vu tout ce qui s’est passé, et un état des lieux sera fait. Selon lui, il va falloir apporter de la fraîcheur, un nouveau dynamisme et si possible une confiance qui s’est envolée.

Pour cela, précise-t-il, il faut faire appel à d’autres joueurs, et sur la liste pour le match à Casablanca, il parle de l’arrivée de trois joueurs dont un auquel il tenait beaucoup : il s’agit d’Anthony Koura de Nîmes, lequel, selon lui, marque beaucoup de buts en ce moment. Le joueur était sélectionné en équipes cadette junior et espoir de France, mais il a décidé, de son propre chef, de rejoindre la sélection nationale du Burkina.

Gernot révèle que quand il a été retenu, il a commencé à travailler en Europe et appelé au téléphone des leaders de l’équipe pour échanger en vue des batailles futures.

 

Non à un ego surdimensionné

Le contrat du nouveau coach est de deux ans, et il a été raisonnable dans les discussions. Selon lui, il avait d’autres propositions et il aurait pu aller dans un pays du Golfe pour gagner beaucoup plus d’argent. Mais il a préféré le challenge sportif avec le Burkina Faso. Il sait pourquoi il est là et ce qu’il attend des joueurs, c’est la franchise et de tout donner pour leur pays.

Le premier critère de sélection, pour lui, c’est la combativité. Celui qui fait fi de cela n’a pas sa place dans cette équipe. Pour reconstruire cette équipe afin qu’elle retrouve son efficacité qu’elle n’aurait pas dû perdre, chaque joueur devra adhérer à son discours. Les objectifs qui lui ont été assignés le recommandent.

Pour travailler dans la continuité et instaurer la concurrence, il va aussi s’appuyer sur des joueurs évoluant dans le championnat national. Tout joueur qui arrive dans l’équipe, a-t-il souligné, devra s’inscrire dans un collectif et non pas avec un ego surdimensionné.

Gernot a reconnu qu’il y a malheureusement des joueurs qui n’ont pas beaucoup de compétition dans leurs clubs, et il lui faut éviter un problème de rythme au cours des matches.

Il y aura un préparateur physique qui aura un rôle important à jouer puisqu’il lui faut évaluer les capacités de chacun. Une fois ces données scientifiques établies, il compte mettre un programme d’entraînement en place : physique, technique et tactique pour améliorer la performance des Etalons.

Concernant une question sur Charles Kaboré, il met au défi un journaliste de trouver l’interview dans laquelle il aurait dit que ce joueur serait toujours titulaire dans l’équipe. Gernot va plus loin en disant que le confrère ne trouvera jamais cet entretien puisqu’il n’existe pas. Il n’est pas venu pour faire du favoritisme à qui que ce soit, et un joueur qui porte les couleurs nationales doit le mériter à travers ses performances en club. Pour lui, ce serait une faute professionnelle de dire publiquement ou en privé qu’un joueur sera dans cette sélection quoi qu’il arrive.

 

Justin Daboné
L'Observateur paalga

Mise à jour le Mercredi, 18 Mars 2015 09:33
 

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