Cyclisme burkinabè : L’art de mettre des bâtons dans ses propres roues PDF Imprimer Envoyer
Écrit par L'Observateur paalga   
Mardi, 25 Août 2015 08:41

Les choses ne tournent pas rond dans le cyclisme burkinabè. C’est un euphémisme de le dire. La crise, consécutive à la chute de Salfo Bikienga le 12 juillet 2015, prend des proportions inquiétantes. L’on se rappelle que, lors de ce dernier championnat national de l’élite, Rasmané Ouédraogo avait été accusé d’avoir provoqué l’accident du champion en titre sortant. Depuis lors, un groupe de frondeurs favorables à une forte sanction de Rasmané et soutenant Salfo revendiquaient la démission du président de la Fédération de cyclisme, Alassane Ouangraoua. Le dimanche 23 août dernier, les événements ont pris une autre tournure.

On croyait que les débats et les contestations qui s’en étaient suivis se mèneraient dans les médias et dans les couloirs du ministère des Sports et des Loisirs. Erreur : la situation s’est dégradée davantage lors du 8e grand prix de l’hôtel Excellence. En effet, jusque-là, on avait cru que le hooliganisme n’existait que dans le football, où les passions se déchaînent et où les enjeux sont très colossaux. Mais voilà que la petite reine nous montre un autre visage qu’on découvre d’elle. Les supporters frondeurs ont pris le malin plaisir de lapider avec des lance-pierres les athlètes qui avaient pris part à cette course. Du coup, la compétition a été interrompue pour préserver l’intégrité physique des concurrents.

 

Ce nième événement montre que la crise est plus que jamais ouverte au sein du cyclisme. On peut revendiquer urbi et orbi le départ de l’équipe fédérale pour, dit-on, «mauvaise gestion, favoritisme»… C’est le droit le plus absolu des frondeurs, si effectivement ils ont les preuves de leurs accusations. Cependant, il y a des voies de recours qui existent en la matière et qui sont bien connues. C’est déplorable de voir ce triste spectacle où certains lapident des coureurs pour faire l’Intifada. C’est à la limite inhumain. Ils auraient pu s’en prendre à la Fédération, qui est désormais leur adversaire, sinon leur ennemie déclarée, plutôt que de lapider comme des délinquants de pauvres cyclistes qui s’époumonent les dimanches sous un soleil de plomb, pour vivre leur passion pour le cyclisme. Notre vélo n’a pas besoin de ça, car cela n’honore personne ; bien au contraire.

Le Burkina est bien connu pour être une terre de cyclisme et on a le tour le plus prestigieux sur le continent. Mieux, aucune discipline n’a valu autant de lauriers au pays des hommes intègres que la petite reine. De chaque sortie, nos garçons, reviennent avec des titres et des distinctions. La dernière en date : ils ont tout raflé au Tour du Bénin. Et à seulement 2 mois du Tour du Faso, ce n'est vraiment pas le moment de s’offrir en spectacle ou de se tirer une balle dans les roues. C’est contre publicitaire à tout point de vue.

C’est vrai que le vent de l’insurrection a soufflé sur le Faso dans toute sa dimension, mais si le «plus rien ne sera comme avant» devient un prétexte pour installer la chienlit partout, personne n’en sera bénéficiaire. L’autorité compétente doit s’en saisir le plus tôt possible pour colmater ce qui peut l’être encore.

Kader Traoré

L'Observateur paalga

Mise à jour le Mardi, 25 Août 2015 08:43
 

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